...

La France et la Belgique font-elles montre d'hyper- conservatisme, la première étant toujours traumatisée par le scandale du sang contaminé mis au jour dans les années 80, conséquence de réflexes purement mercantiles ?Maggie De Block s'interroge à ce propos. Elle vient de demander un avis au Conseil supérieur de la santé. Une large étude basée sur la littérature menée par la Croix-Rouge flamande pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses étant donné la qualité faible, en termes de preuve, de la quinzaine d'études finalement retenues.Certes, selon des chiffres de l'Institut supérieur de la santé, les homosexuels masculins sont impliqués dans 50,6 % des nouvelles infections HIV et même 70,7 % des infections chez les hommes. Et le droit fondamental des receveurs est d'obtenir du sang de qualité irréprochable.Reste qu'il n'existe aucune preuve directe d'un risque supérieur de transmission du HIV par un donneur homosexuel plutôt que par un donneur hétérosexuel. Il n'existe que des preuves indirectes basées sur la prévalence.Or personne ne songe à exclure les bisexuels occasionnels ni leurs conjointes. Avec les derniers tests basés sur les gènes et non plus sur les anticorps, le risque de transmission est devenu quasi-nul. En France, le dernier cas remonte à plus de dix ans. L'exclusion des gays repose donc aujourd'hui essentiellement sur la peur et le ressenti. Le sang ne transmet pas l'homosexualité. La seule mesure pragmatique serait d'exclure tout donneur homme ayant eu une relation sexuelle avec un homme depuis un certain délai. La FDA, le Royaume-Uni et l'Australie recommandent d'attendre un an (on suppose de rapport protégé). Un mois pourrait-il être suffisant ? Cette période d'attente est basée sur la bonne foi du donneur.A une époque où les gays peuvent se marier, être homo-parents, il n'y a, à notre avis, plus aucune raison de les exclure du don de ce précieux liquide dont manquent cruellement les services d'urgence et de soins intensifs. Ce au nom du rapport bénéfice/ risque et pas au nom du principe de précaution qui, appliqué à l'excès, s'apparente à de la discrimination.