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Le ministre communautaire s'est dit étonné ce vendredi soir en découvrant sur notre site les grandes lignes du rapport annuel 2014 de la Commission de planification. On peut comprendre sa réaction puisqu'il y est expliqué, en synthèse, que les universités francophones continuent à dépasser les bornes fédérales. Au point qu'à l'horizon 2020, le manque de régulation de l'accès aux études en Fédération Wallonie-Bruxelles aura généré plus de 3.000 diplômés en médecine surnuméraires.D'après Jean-Claude Marcourt, " l'ensemble des estimations compilées jusqu'à ce jour par le SPF Santé ne se base pas sur un cadastre dynamique qui permettrait d'évaluer objectivement l'état de la situation, ce qui rend impossible l'évaluation du nombre de médecins nécessaires par spécialité et de prévoir le nombre d'étudiants pour les prochaines années ".Confondant manifestement les prévisions de dépassement de quotas avec les besoins de médecins, le ministre de l'Enseignement affirme alors que de nombreuses études démontrent, au contraire, qu'une pénurie de praticiens en médecine est déjà d'actualité et va, dans les années à venir, s'empirer. " Si l'on ne modifie pas les quotas appliqués jusqu'à ce jour, les régions bruxelloise et wallonne vont faire face à de réels problèmes de santé publique ", ajoute-t-il.Jean-Claude Marcourt se sent critiqué par ce rapport de l'administration fédérale qu'il décrit comme " un point de vue orienté ". A se demander si le socialiste wallon n'a pas subitement perdu son impression du devoir accompli dont il se targuait après la mise en place un peu cavalière d'une épreuve de sélection à l'issue du Bac1. Douterait-il de sa gestion de la problématique? Il clame en tout cas qu'il est " essentiel que les réflexions quant à l'accès aux études de médecine soient menées sur base d'un cadastre objectif, solide et dynamique de l'activité médicale. Il en va de la santé de notre population. Il suffit de voir aujourd'hui en Belgique francophone, le nombre de praticiens en médecine qui proviennent de pays étrangers, pour la plupart de pays en voie de développement, pour appréhender la pénurie actuelle ". Notons enfin que, s'il passe en revue l'ensemble des mesures politiques prises pour réguler ou relâcher l'accès aux études de médecine, le rapport de la Commission ne se penche pas sur ledit filtre Marcourt. Pour la simple et bonne raison que les effets réels de ces systèmes ne s'observent qu'en fin de cursus.