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" Le 7 janvier 2019, 22 professeurs issus de toutes les universités du pays tiraient la sonnette d'alarme sur les graves dysfonctionnements observés au sein de la direction générale Personnes handicapées (DGPH) qui est l'administration en charge de l'octroi des allocations sociales, des cartes de stationnement et des attestations aux personnes handicapées", rappellent Solidaris et la Mutualité chrétienne. " Quelques jours plus tard, plusieurs associations représentant ce public (ASPH, Altéo et LUSS) ont réagi pour dénoncer également une situation qu'elles jugent scandaleuse au vu des différents retours de terrain : les personnes handicapées sont malmenées par l'administration et les temps d'attente pour accéder aux services de la DGPH demeurent beaucoup trop longs."Les deux organismes assureurs avancent quelques chiffres édifiants :- 40.385 dossiers sont en attente depuis plus de six mois, le délai maximum - pourtant déjà long - imposé par la réglementation.- Seul un bon tiers des appels téléphoniques qui ne tombent pas directement sur la sonnerie occupée reçoit une réponse du côté francophone.- De visu, seuls les 60 premiers arrivés à l'unique permanence hebdomadaire qui subsiste encore au siège central de la DGPH, le jeudi matin, sont encore servis.Et de pointer les causes de cette mauvaise organisation du service. "Il s'agit, d'une part, de l'orientation prise par le gouvernement fédéral de sous-financer les services publics comme celui de la DGPH, phénomène d'ailleurs partagé par l'ensemble des services publics et d'intérêts généraux. La DGPH a perdu une part importante de son personnel ces dernières années. Il est question aussi et surtout, d'autre part, de choix managériaux particulièrement peu stratégiques. D'abord, l'outil informatique choisi en 2017 est inapproprié par rapport aux réalités des allocataires sociaux concernés. Ensuite, les mesures de rationnement budgétaire et de mise en oeuvre de la sixième réforme de l'État ont débouché sur des réductions drastiques du personnel. Enfin, la transformation inadaptée de l'organisation interne de l'administration, avec des équipes quasi-autonomes organisées sur base géographique, a rendu très difficile leur coordination ainsi que le traitement égalitaire des usagers. "Selon les mutualités, leurs services sociaux doivent désormais chercher à pallier ces carences. "On compte des dizaines de milliers de demandes par an pour les deux mutualités réunies et celles-ci augmentent avec le temps. " Solidaris et la Mutualité chrétienne recommandent :? une large réflexion en commission des Affaires sociales de la Chambre ;? un refinancement urgent et suffisant pour combler les besoins en personnel de la DGPH ;? un suivi des recommandations du rapport d'audit FIA (remis au cabinet Peeters le 11/1/2019), d'autant que les recommandations proches du rapport de la Cour des comptes de 2010 n'ont jamais été réellement mises en oeuvre ;? une amélioration rapide de la téléphonie, de l'accueil physique des personnes handicapées, de l'informatique et surtout du management de l'administration.V.C.