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La Grèce est l'un des pays européens à réaliser le moins d'économies par le biais des médicaments génériques. Et pour cause, les médecins n'y ont aucune obligation de se tourner vers des alternatives meilleur marché.L'année dernière, les pharmacies de la péninsule ont continué à vendre en majorité des médicaments de marque en provenance de l'étranger, ressort-il des données compilées par IMS Health. C'est ainsi que l'hypertenseur de Novartis, le Diovan, et l'hypocholestérolémiant de Pfizer, le Lipitor, ont dominé les dépenses malgré l'expiration de leurs brevets depuis plusieurs années.À titre de comparaison, le Diovan représentait 82% des ventes sur le marché grec contre 4% en Allemagne. Tandis que le Lipitor pesait pour 29% des demandes, contre 5% dans les officines allemandes, note IMS Health. Tout cela s'accompagne d'un coût significativement plus élevé puisque, pour se limiter à ce seul exemple, l'hypertenseur de Novartis se vend autour de 7 euros, alors que sa version générique affiche un prix 48% inférieur. Erreur politique ? Le ministre de la Santé grec qui n'a pas été remplacé lors du remaniement du gouvernement la semaine dernière, Panagiotis Kouroumplis, accuse les géants de l'industrie pharma de faire obstacle aux génériqueurs.Mais IMS Health opte pour une explication plus contextuelle: le pays criblés de dette a traditionnellement bénéficié de prix bas pour les médicaments originaux d'importation et relativement élevés pour leurs homologues génériques. Sans oublier que, dans le cadre des négociations avec ses créanciers, la Grèce a dû réduire ses dépenses pharmaceutiques l'année dernière à 2 milliards d'euros, contre 5,6 milliards en 2009. Sur cette même période, les prix des génériques ont enregistré une faible baisse tandis que les prix des médicaments de marque ont diminué de moitié.Le précédent gouvernement athénien s'était fixé comme objectif de porter la part de marché des médicaments génériques à au moins 30% d'ici fin 2014. Et de viser les 60% d'ici la fin de cette année. Mais faute de mesures politiques adéquates, la Grèce a manqué sa cible, la proportion stagnant autour des 20%.Notons qu'entre-temps, les laboratoires ont continué à fournir les produits tout en laissant s'alourdir les impayés. Le gouvernement grec a ainsi une ardoise de plus d'un milliard d'euros. À ajouter au montant dû aux créanciers institutionnels...