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Frais médicaux partiellement à charge, pertes de revenus professionnels non compensées, ...: donner un rein ou une partie de son foie de son vivant est encore trop pénalisant pour le donneur. Une situation d'autant plus regrettable qu'il s'agit d'un geste altruiste par excellence et qu'à l'heure actuelle, des patients en attente d'une transplantation vitale continuent de mourir avant d'avoir pu bénéficier d'une greffe, faute de donneurs en suffisance.Lever les obstaclesLes Académies de médecine de Belgique planchent depuis pas mal de temps sur cette question. A l'occasion d'un symposium sur la transplantation d'organes, organisé il y a quelques temps, elles ont notamment souligné la nécessité de promouvoir la donation vivante en raison de la pénurie croissante d'organes par rapport à la demande, plaidé pour la suppression de la discrimination dont les donneurs vivants sont les victimes et proposé de faciliter au maximum les procédures." La société ne doit pas seulement remercier ces donneurs pour leur altruisme mais doit aussi les soutenir et lever tous les obstacles, " avait déclaré le professeur Jean-Bernard Otte, premier vice-président de l'Académie royale de médecine de Belgique et spécialiste de la transplantation aux cliniques Saint-Luc. Suivi gratuitDepuis ce symposium, la situation a évolué et de façon positive si l'on s'en tient au communiqué que viennent de rédiger le Pr Otte et son collègue néerlandophone, le Pr Marc De Broe de l'Université d'Anvers, membre de la Koninglijke Academie voor Geneeskunde van Belgie.Au nom des Académies de médecine, les deux professeurs émérites prennent acte avec satisfaction de l'interdiction du prélèvement d'organes chez des adultes handicapés mentaux (loi du 13 juin 1986 consolidée le 31 août 2012) et des dispositions de l'Arrêté Royal du 10 novembre 2012 concernant le suivi des donneurs vivants. " Ces dispositions prévoient que le centre de transplantation tienne un registre reprenant le nombre de donneurs vivants et les types et le nombre d'organes transplantés en établissant une distinction entre donneurs décédés et vivants et transmette ce registre au SPF Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement ", soulignent-ils. " Les bases d'un registre national des donneurs vivants sont ainsi établies. " " Un article de l'arrêté spécifie que le centre de transplantation organise un suivi médical et psychosocial des donneurs vivants jusqu'à leur mort, de manière à ce qu'il soit gratuit pour les donneurs ", ajoutent-ils, tout en relevant que le financement est encore en suspens.Demandes non rencontréesAutre acquis épinglé par les Prs Otte et De Broe: en matière d'assurances (vie, solde restant dû, médicale complémentaire, pension, ...), la discrimination des donneurs vivants vient d'être supprimée par les compagnies. " Les académies de médecine prennent acte avec grande satisfaction de ce changement récent d'attitude. " Concernant la couverture des risques opératoires, ils précisent que " désormais, tous les patients ayant subi un dommage causé par un fait s'étant produit après le 2 avril 2010 peuvent être indemnisés via le Fonds des accidents médicaux ".Pour les deux professeurs, ces avancées ne doivent cependant pas cacher les autres demandes qui ne sont pas encore rencontrées: d'une part, le remboursement de tous les frais médicaux du donneur que la mutuelle ne prend pas en charge, avant l'intervention et pendant le suivi au long cours, et qui peuvent parfois représenter une facture de plusieurs milliers d'euros et, d'autre part, l'indemnisation de l'incapacité de travail liée aux examens préalables, à l'intervention et à la revalidation, puisque, à l'heure actuelle, la perte de revenus n'est pas compensée de manière identique pour tous." L'absence de discrimination à l'égard des donneurs vivants dans les matières évoquées serait un message positif de la part du pouvoir politique ", concluent les auteurs du communiqué.