L'idée d'un point de contact contre la fraude et le gaspillage dans les soins de santé a été lancée par la ministre de la Santé Maggie De Block à l'automne 2016. Les mutuelles y étaient favorables et citaient l'exemple des Pays-Bas où le système fonctionne bien, selon elles. L'assurance maladie espère récupérer chaque année jusqu'à 25 millions d'euros en exerçant des contrôles plus stricts. La Mutualité chrétienne a ainsi traité au cours des cinq dernières années 274 dossiers, permettant de récupérer 980.000 euros.

" Nous ne tolérons aucun abus mais qui va dire quand et chez quel patient il est question de fraude lors de certains traitements ?, s'inquiète Marc Moens, président de l'Absym. Vous devez connaître le contexte. Cela ne doit pas devenir une chasse aux sorcières. Ce n'est pas noir ou blanc comme lorsque vous roulez à 130km/h sur l'autoroute. "

Pour sa part, la Mutualité libérale, qui soutient cette initiative, insiste sur le fait qu'il n'est aucunement question de délation. " Le point de contact ne sera en aucun cas un lieu de délation où toute accusation infondée donnera lieu à des persécutions injustes. Les signalements seront enregistrés et centralisés avant d'être soigneusement analysés par des experts. Alors seulement seront examinées les suites qui pourront être données à ces signalements ", avance Geert Messiaen, secrétaire général de l'Union nationale des Mutualités libérales. Le point de contact ne devra pas se restreindre à l'unique fraude délibérée. L'usage abusif de moyens est parfois fait de façon involontaire ou inconsciente. Les signalements permettront d'observer le gaspillage collectif et d'y remédier. "

Bref, un outil de contrôle en plus. N'est-ce pas déjà le rôle du Service d'évaluation et de contrôle médicaux de l'Inami ?