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Cette déclaration réunit des syndicats et des associations de lutte pour la défense de la santé et de la protection sociale. Ensemble, ils plaident pour "la construction d'un espace européen d'échange, de mobilisation et d'action contre la privatisation des systèmes de santé et de protection sociale, ouvert à tous ceux qui souhaitent agir contre l'austérité sur la santé des peuples, la régression des droits sociaux et de la protection sociale".La déclaration prône également un accès égal à la santé et à la gratuité des soins et invite à promouvoir un financement public et collectif.Les défenseurs de la santé y dénoncent la dégradation de la santé en Europe, ébranlée par la crise économique, écologique et sociale, qui aggrave à leurs yeux les inégalités entre les citoyens.Ils y pointent du doigt les politiques d'austérité appliquées en Europe, qui sont devenues le "prétexte à de dures attaques contre les systèmes de santé publics et de protections sociales et les droits sociaux". Cas d'école à cet égard: la Grèce, qui subit "une crise humanitaire et sanitaire sans précédent". En Grèce en effet, 30% de la population n'a plus d'assurance santé. Le taux de mortalité y est aussi élevé que lors de la Seconde Guerre mondiale.En Belgique, on constate aussi clairement un basculement vers la commercialisation des secteurs de soins de santé, selon Yves Hellendorff, secrétaire permanent CNE non-marchand. Historiquement, ces secteurs sont largement occupés par des acteurs privés ne poursuivant pas de but lucratif. La CNE non-marchand dénonce cependant la reprise par des acteurs commerciaux d'activités dans les hôpitaux: l'externalisation des activités d'hôtellerie et de logistique - entretien, cuisine, maintenance etc. Dans l'accueil des personnes âgées également, des groupes rachètent les petites structures une à une, rappelle la CNE non-marchand, formant des ensembles financiers qui exigent un retour sur investissement. Le bien-être du travailleur et du bénéficiaire sont ainsi relégués au second plan.On constate aussi une augmentation des travailleurs indépendants dans les services d'aide et de soins à domicile, alors que ce secteur était jadis composé essentiellement d'associations sans but lucratif. L'Europe a recommandé la semaine dernière à la Belgique de diminuer ses coûts en termes de soins de santé. "Ce discours crée la commercialisation des secteurs de soins de santé, alors que le besoin est réel. Ou alors il faut faire en sorte que ce besoin n'existe pas, avec de la prévention par exemple", estime Yves Hellendorff. "L'Europe doit faire en sorte que la santé reste reconnue comme un moyen indispensable et non comme un produit financier."A noter que du 1er au 7 octobre 2012, une semaine d'action à l'échelle européenne pour le droit à la santé des peuples sera organisée par le réseau européen pour le droit à la santé.