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L'étude FIELD de 2019 avait révélé que les footballeurs professionnels étaient trois fois et demie plus susceptibles de mourir d'une maladie neurodégénérative que les membres de la population générale, ce qui a suscité des inquiétudes quant à leur plus grande exposition aux chocs avec ou sans commotion cérébrale.Fruit d'un travail de cinq ans et basée sur les résultats de la Conférence internationale sur les commotions cérébrales dans le sport, qui s'est tenue à Amsterdam en octobre 2022, cette nouvelle étude réalisée par une centaine de chercheurs et experts internationaux détaille les protocoles existants et énumère des stratégies nouvelles.En matière de prévention, elle préconise notamment de "modifier les règles afin de minimiser les collisions". Autre recommandation: procéder lors des entraînements et les échauffements à "des exercices d'aérobie, d'équilibre, de force, d'agilité", ciblant notamment le cou.En matière de gestion des commotions, "le repos strict n'est pas recommandé": "Il existe désormais des preuves plus solides que l'activité physique d'intensité légère, comme les activités courantes de la vie quotidienne, et des exercices d'aérobie, comme la marche et le vélo d'appartement, peuvent aider à la récupération, tout comme le fait de limiter le temps passé devant un écran au cours des 48 premières heures." Sur les effets à long terme des commotions, l'étude affirme "qu'aucune étude n'a révélé un risque accru de maladie neurologique chez les anciens sportifs amateurs". "En revanche, certaines études portant sur d'anciens athlètes professionnels ont fait état d'un lien entre la pratique du football américain et du football professionnel et l'apparition de maladies neurologiques à un stade ultérieur de la vie". Parmi les lacunes à combler, le panel de chercheurs reconnaît qu'il existe "peu de données sur la prise en charge des commotions liées au sport chez les enfants de 5 à 12 ans et chez les para-sportifs, dont on sait qu'ils présentent un risque accru de commotion".La prise en charge des commotions et leurs conséquences sur la santé des sportifs sont devenues un sujet majeur ces dernières années, entraînant la mise en place de protocoles commotion dans certains sports comme le football américain ou encore le rugby.En football, le syndicat mondial des joueurs FIFPRO, la Premier League et la Major League Soccer américaine avaient demandé, au début de l'année, la mise à l'essai de remplaçants temporaires lors des matchs pour les commotions cérébrales, qui permettraient une évaluation de 10 minutes en dehors du terrain pour un joueur chez il y a uns suspicion de commotion cérébrale. L'organe législatif du football, l'International Football Association Board (IFAB) a rejeté cette proposition en janvier.L'étude préconise par ailleurs la mise en place dans le monde sportif d'un groupe de travail "interdisciplinaire" sur cette question et le lancement de nouvelles études médicales pour approfondir les connaissances sur ce sujet.BELGA