L'enquête, réalisée auprès d'un millier de personnes cinq ans après un coup de sonde similaire sur le rapport des Belges aux médicaments, met en exergue une certaine méfiance par rapport à l'industrie pharmaceutique: 57,7% des sondés (47,2% en 2014) estiment que les entreprises pharmaceutiques font parfois de la publicité trompeuse ou du moins cachent certains effets négatifs de leurs médicaments. En outre, 63% des personnes interrogées pensent que le gouvernement est plus attentif aux intérêts de l'industrie pharmaceutique qu'aux intérêts des individus.

Les Belges sont de plus en plus nombreux à penser qu'il n'y a pas de différence d'efficacité thérapeutique entre un médicament original et son générique (passant de 55,1% à 61,8%). Une progression tirée particulièrement par les plus jeunes, observe Solidaris.

Autre constat de l'enquête: plus de cinq personnes sur 10 estiment qu'il y a un usage excessif du médicament dans notre société. (plus de six sur 10 à en 2014).

Face aux résultats de l'enquête, Solidaris appelle à "lutter contre la 'médicalisation de la vie' et la marchandisation du médicament, aux niveaux européen et belge". La Mutualité socialiste demande également que les médicaments soient rendus plus accessibles et que les compétences de la population pour une automédication raisonnée soient renforcées, notamment en réglementant mieux les publicités pour les médicaments en vente libre ou en rendant les notices des médicaments plus faciles à lire et à comprendre.

Des pharmacies en ligne aux Pays-Bas fournissent des médicaments lourds aux Belges

L'Agence fédérale belge des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a tiré la sonnette d'alarme aux Pays-Bas car les pharmaciens néerlandais fournissaient très facilement aux patients belges des médicaments lourds, écrit Het Nieuwsblad lundi.

L'été dernier, le sulfate de dexamphétamine, utilisé pour traiter les troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), a été très difficile à obtenir en Belgique. Mais les patients belges pouvaient le trouver facilement sur internet via des pharmacies néerlandaises, a découvert la députée N-VA Kathleen Depoorter, par ailleurs pharmacienne.

"Lorsque ces patients ont envoyé leur ordonnance belge par internet, ils n'ont rencontré aucun problème pour recevoir le médicament à domicile", explique-t-elle. "Ils recevaient même une proposition de la pharmacie de leur livrer une nouvelle dose du médicament à intervalles réguliers", s'offusque-t-elle.

Il s'agit de "pratiques illégales, tant en Belgique qu'aux Pays-Bas", souligne la ministre de la Santé publique Maggie De Block. L'AFMPS a dès lors sonné l'alarme auprès des autorités néerlandaises - plus particulièrement le ministère néerlandais de la Santé publique - en demandant que ces pratiques cessent.