La carte est détaillée (voir en bas de l'article). Les hôpitaux généraux aigus et psychiatriques s'y retrouvent. Soit 278 institutions. Pour chacun d'entre elle, le SPF Santé publique propose :

  • l'agrément de l'hôpital,
  • le statut de l'hôpital,
  • le genre de l'hôpital,
  • le caractère de l'hôpital,
  • l'autorité qui agréée,
  • l'adresse de l'hôpital et les sites liés.

Des données utiles tant pour le citoyen qui cherche un hôpital dans sa région que pour le secteur des soins de santé (hôpitaux, professionnels des soins de santé, coupoles des hôpitaux, mutuelles...) et les chercheurs scientifiques, universités, laboratoires scientifiques sans oublier, pour finir, les décideurs.

Prochainement, deux nouveaux rapports seront publiés: une carte montrant la localisation des services d'urgences et un aperçu interactif des services, programmes de soins et fonctions hospitalières dont dispose un hôpital.

Densité à géométrie variable

Penchons-nous sur la carte proprement dite. La première chose qui saute aux yeux, c'est la densité hospitalière de la Belgique. La deuxième, c'est la disparité entre les régions : la surpopulation hospitalière bruxelloise saute aux yeux, la Flandre est bien fournie tandis que le Luxembourg wallon est bien dégarni.

Une tendance qui se confirme si l'on se penche sur les 17 hôpitaux généraux aigus à caractère universitaire. Bruxelles, avec cinq sites sur 41, trouve son compte tandis que Flandre et Wallonie sont scindées en deux. L'est de la Flandre est bien couvert, tandis que les provinces de Flandre orientale et occidentale semblent oubliées. En Wallonie, les différents sites se concentrent sur le sillon Sambre et Meuse, ou la dorsale wallonne, c'est selon. Rien dans le Brabant wallon, rien dans la province de Luxembourg.

Le constat est aggravé en ce qui concerne les sept hôpitaux généraux aigus universitaires, dont les 14 sites sont répartis entre Liège - unique représentant wallon - , Bruxelles, Gand, Anvers et Leuven.

Heureusement, toutes les provinces disposent d'hôpitaux généraux aigus sans lits universitaires, même si, encore une fois, le Luxembourg en compte bien moins.

Enfin, concernant les hôpitaux psychiatriques, c'est la même tendance : le sud de la Belgique est le parent pauvre du pays avec un seul site pour la province de Luxembourg (l'hôpital psychiatrique de Bertrix) sur les 81 que compte le pays.

Réseau introuvable

Si l'on se concentre uniquement sur les hôpitaux universitaires et à caractère universitaire, on remarque que de deux à quatre bassins de soins auront du mal à former un réseau de soins puisqu'aucun hôpital universitaire n'y est recensé - il faut pourtant un hôpital académique pour former un réseau.

Il s'agit de la région de Courtrai qui, dans un rayon de 50 km à la ronde, n'a pas d'hôpital académique de référence (cela comprend Roulers mais aussi, dans une moindre mesure, Tournai). C'est la seule problématique au nord du pays.

Au Sud, la situation est effectivement plus grave. Le Luxembourg, encore lui, ne compte aucune structure universitaire. Les sites les plus proches sont à Yvoir (CHU Mont-Godinne) et à Liège (CHU de Liège). Comment faire, dès lors, pour créer un bassin de soins dans la province qui couvre tout de même 4?443 km², soit la plus grande province de Belgique, et compte près de 300.000 habitants ?

L'E411 Namur-Bruxelles est aussi peu pourvue. Aucun hôpital universitaire dans la province du Brabant Wallon et un seul à Namur, celui d'Yvoir, au sud de la province. C'est donc vers Huy, Charleroi ou Bruxelles qu'il faudra se tourner. Problématique.

Côté germanophone enfin, il faudra faire alliance avec un réseau liégeois pour trouver un hôpital académique, puisque la Communauté germanophone en est dépourvue. Et Saint-Vith - Liège, cela fait déjà du chemin pour trouver un hôpital (80 km environ).