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Le syndicat de médecins coupole " Cartel " (ASGB - Groupement belge des omnipraticiens - Le Monde des Spécialistes) souligne qu'il n'était pas au courant d'un plan de lutte contre la pandémie préexistant et il n'a jamais été impliqué. En médecine générale, l'ancien Conseil fédéral des cercles de MG avait planifié un responsable pour chaque cercle " qui servirait d'intermédiaire entre la politique et la région en cas de catastrophe " mais " rien n'a jamais été fait à ce sujet ". Il a donc été clair dès le début que la rapidité de réaction dépendrait du talent d'improvisation des acteurs de terrain : hôpitaux, médecins généralistes, maisons de repos (et de soins), etc." Un plan en cas de pandémie doit prévoir des structures politiques simples, une unité de politique et de commandement, une unité de communication avec les prestataires de soins et la population. Elle doit fournir un équipement de protection suffisants et une formation à son utilisation correcte. Des plans d'urgence génériques doivent être mis en place pour les hôpitaux, les institutions résidentielles et les cercles de médecins généralistes. Un plan de lutte contre la pandémie doit pouvoir faire appel à une autorité sanitaire déjà bien organisée et dotée d'un personnel suffisant pour assurer le suivi d'une épidémie et suivre les cas à risque. " Une coopération européenne est indispensable.La relation patient-médecin ne dépend pas du mode de rémunération, insiste le Cartel, dont certains membres pratiquent à l'acte, d'autres au forfait. Pour autant, il est nécessaire que chaque patient belge ait un MG attitré. " Le Cartel a toujours défendu une forme mixte de rémunération : par prestation, par capitation (DMG), par pratique et paiement à la qualité. Au fil des ans, le Cartel a introduit la rémunération forfaitaire (DMG) et, dans les années à venir, le Cartel souhaite également augmenter encore la part forfaitaire, en fonction des besoins de soins individuels d'un patient. "Le politique doit allouer davantage de ressources à la première ligne, mais se fixer des objectifs de santé nécessite aussi de résoudre les problèmes financiers de patients.Les informations, d'abord en provenance de Chine, puis d'Italie ont été de plus en plus inquiétantes. Certains médecins pourtant les ont considérées comme alarmistes. L'absence de tests a rendu cependant difficile la contre-attaque. " Au départ, on pensait que quelques hôpitaux de référence et un seul laboratoire de référence seraient suffisants. Il n'y avait aucun sentiment d'urgence. Le manque d'équipements de protection a été minimisé, les capacités de test étaient bien trop faibles et il n'existait pas d'inspection sanitaire digne de ce nom, capable de faire face à une épidémie de cette ampleur. Une multitude de groupes de travail et de task forces ont été mis en place à tous les niveaux, de sorte qu'il n'était pas du tout clair qui était responsable de quoi. Beaucoup de ces groupes communiquaient indépendamment les uns des autres et le résultat était que le médecin sur le terrain était inondé de communications, dont il n'était pas toujours clair ce qu'il fallait faire. "Le Cartel a informé ses membres comme il l'a pu. Les syndicats médicaux n'étaient pas forcément les bienvenus au sein de la réflexion, relativement aux sociétés scientifiques.Ce sont pourtant les cercles de MG qui, via une approche bottom-up, on mis en place les premiers centres de triage. Les syndicats ont préconisé et organisé la consultation à distance en l'absence de matériel de protection suffisant. " C'est certainement grâce à la rapidité de réaction, à la grande adaptabilité et au grand engagement des hôpitaux et des médecins généralistes que des catastrophes encore plus importantes ont pu être évitées. "" Le Cartel a toujours insisté pour que les médecins généralistes puissent se concentrer sur leur propre travail et ne soient pas impliqués dans les prélèvements (en grande quantité) ou la surveillance de personnes asymptomatiques, comme les contacts à haut risque ou les voyageurs au retour de l'étranger. D'un commun accord, des méthodes ont été élaborées pour gérer cela électroniquement et des infirmières et autres personnels ont été employés dans les centres de tests. Après beaucoup d'insistance, un numéro 0800 d'information permanente a été réalisé. C'était très nécessaire car, en plus de leur travail habituel, les médecins généralistes étaient submergés de toutes sortes de questions. " L'information au public (hygiène, distanciations sociale, quarantaine) relevant des autorités. " Si ces informations avaient pu motiver davantage la population, si la recherche des contacts avait bien fonctionné et si le gouvernement n'avait pas assoupli les mesures beaucoup trop tôt, contre l'avis des experts, nous aurions peut-être eu une deuxième vague moins sévère. "Si les syndicats médicaux n'ont pas pour vocation à fournir masques et matériel de protection, le Cartel note qu'il est indispensable d'avoir une ligne directrice quant à leur utilisation. " Certains hôpitaux disposaient d'un stock plus important que d'autres, dans des cabinets de médecins généralistes ici et là se trouvaient des masques chirurgicaux datant de l'épidémie de H1N1, il n'y avait pratiquement pas de masques FFP2 et à long terme, des prix exorbitants ont été demandés pour du matériel parfois peu fiable. " En tout état de cause, " minimiser l'utilité des équipements de protection individuelle dans les cas de pathologie infectieuse était grotesque ".Et aujourd'hui ? Les nombreuses autorités semblent toujours incapables d'évaluer la gravité de la situation, regrette le Cartel, si on en juge par la situation face aux variantes britanniques du covid apparues en décembre 2020 : pas assez de tests à l'entrée en Belgique, pas de contrôle de quarantaine et du télétravail. " Cela augmente la menace d'une troisième vague. En attendant, la partie de la population qui respecte les règles et qui est tenue en otage par le comportement des autres a de plus en plus de mal à le faire. "Comment a-t-on soigné les patients face à un virus inconnu ? " Les études EBM n'étaient évidemment pas disponibles sur une maladie inconnue jusqu'alors. Petit à petit, les gens ont commencé à mieux comprendre la pathologie et l'utilité possible de certains traitements. Le gouvernement a fourni autant d'informations actualisées que possible par l'intermédiaire de Sciensano. C'était aussi auparavant la tâche des associations scientifiques. En tant que syndicat, nous avons essayé de diffuser des informations pertinentes parmi nos membres. Bien sûr, les collègues ont échangé leurs expériences entre eux (...) Récemment, un organigramme pour la prise en charge des patients Covid gravement malades a été validé par le KCE. Des projets pilotes commencent avec le suivi à domicile des patients Covid, avant et après leur admission. "Le Cartel regrette l'absence des syndicats au sein du groupe de travail vaccination par des MG actifs mais souligne qu'il participe au groupe de travail qui doit élaborer la sélection des groupes de risques prioritaires. " Les MG ont évidemment un rôle important à jouer dans la sélection des patients à haut risque. " Un DMI généralisé aiderait grandement. " Il est (...) regrettable que ce ne soit que maintenant que nous recevions enfin une liste du Conseil supérieur de la santé avec les pathologies concernées. "Evitant les doublons, une sélection faite par les MG et les mutuelles débouchera idéalement sur une liste de patients permettant d'envoyer " des invitations en fonction du nombre de vaccins disponibles ". " Une prescription pour un vaccin ne nous semble pas une bonne idée. " Vacciner à grande échelle dans les cabinets des MG semble difficile vu les conditions de conservation. Plus tard, il en ira différemment avec des vaccins plus faciles à stocker.Dans un proche avenir, lesmédecins pensionnés bénévoles " devraient être eux-mêmes vaccinés à l'avance ! Les pharmaciens, par le biais de leur dossier pharmaceutique partagé, peuvent identifier les patients à haut risque et les encourager à se faire vacciner. Mais vacciner en officine n'est jamais une bonne idée. "