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La ministre a annoncé mercredi dans la presse son intention d'interdire la présence de distributeurs automatiques de sodas et confiseries dans les écoles d'ici 2015, un objectif déjà ambitionné fin 2004 par le gouvernement de la Communauté française.Avec la ministre de la Santé Fadila Laanan, elle élabore également un cahier des charges pour la qualité de la nourriture fournie par les opérateurs des cantines scolaires.Un récent rapport de l'ONU a pointé du doigt le laxisme des gouvernements, l'irresponsabilité de l'industrie agro-alimentaire en matière d'éducation à la santé et l'opportunité d'imposer une taxe à la malbouffe.Le Conseil de la jeunesse, lui, a souhaité le remplacement dans les écoles des snacks, sodas et autres chips par des produits plus sains et issus de la production locale ou équitable, jusque dans les cantines."Nous prendrons le même chemin que les Etats-Unis si nous ne prenions pas des mesures rigoureuses", a souligné Mme Simonet, évoquant le fort taux de surcharge pondérale des jeunes dans ce pays.Il convient toutefois d'éduquer "sans diaboliser", car "l'école ne peut pas tout, et une telle attitude ne changerait pas les pratiques" de la vie quotidienne. "Il faut faire en sorte que l'interdiction devienne une conséquence du projet pédagogique, et cela nécessite un peu de temps", a concédé la ministre, évoquant le délai laissé jusqu'en 2015.Elle appelle donc à une concertation entre gouvernements, directions d'écoles, pouvoirs organisateurs, syndicats, associations de parents, CPMS et spécialistes de la santé."La suppression de la malbouffe est une thématique nouvelle, mais les écoles ne sont pas restées sans rien faire", a-t-elle ajouté, se référant à plusieurs "bonnes pratiques" déjà appliquées ces dernières années.La nourriture saine s'inscrira aussi davantage comme thématique transversale dans les référentiels de compétences, en articulation avec le développement durable, a-t-elle assuré.L'industrie agro-alimentaire, qui assure parfois un soutien financier aux écoles, sera également consultée. "Elle a montré par le passé qu'elle pouvait évoluer", a relevé Mme Simonet, n'ignorant pas les conséquences financières potentielles: "il faudra aussi parler de l'argent perdu".La Fédération Wallonie-Bruxelles apporte déjà un soutien, à travers son plan "Manger-Bouger", aux écoles qui cherchent des solutions en matière d'alimentation saine et de sport. Le ministre wallon de l'Agriculture, Carlo Di Antonio, travaille pour sa part à la mise en place d'une centrale d'achat accessible aux cantines scolaires, pour stimuler la consommation de produits locaux de qualité.Caroline Cassart (MR) a dit ne rien voir de "bien concret" dans les annonces de Mme Simonet. Yves Reinkin (Ecolo), s'il soutient l'initiative ministérielle, n'en a pas moins appelé à une approche globale de développement durable, car "l'on pense à changer les assiettes, pas à changer les esprits". Graziana Trotta (PS) a mis l'accent sur le Hainaut, "où la prévalence de l'obésité est la plus élevée".Le ministre bruxellois de l'Enseignement, Christos Doulkeridis (Ecolo), apportant son soutien à Mme Simonet, lui a également proposé de réfléchir à la formation des jeunes et des futurs professionnels à la diététique.