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"Le burn-out est un problème social important. Le nombre de personnes souffrant d'un burn-out augmente d'année en année et les personnes concernées ont souvent du mal à s'en remettre. Au travers de ces projets, nous voulons tester sur le lieu de travail comment nous pouvons détecter les signaux très tôt et comment nous pouvons éviter que le burn-out ne se produise. Car il vaut toujours mieux prévenir que guérir. En même temps, nous devons continuer à chercher les meilleurs traitements, afin de pouvoir aider au mieux ceux qui souffrent de burn-out ", explique Maggie De Block, ministre en affaires courantes de la Santé publique.Fedris (Agence fédérale des risques professionnels) lance un projet dans les secteurs hospitalier et bancaire. Il vise à mettre en place " un trajet d'accompagnement sur mesure pour les personnes qui présentent un risque élevé de burn-out ou qui en montrent déjà les premiers signes ". Le projet touchera 1.000 collaborateurs. Un budget de 2,5 millions est prévu.En parallèle, 12 projets pilotes ont été acceptés. " Ils mettront à l'épreuve une approche innovante du burn-out dans la pratique. L'objectif est de mettre au point de bons outils que les employeurs, les administrations, les prestataires de soins et les particuliers pourront utiliser par la suite pour prévenir le burn-out.Il peut s'agir de modèles de traitement, mais aussi de tests diagnostiques ou d'un système de détection précoce des signaux d'alerte sur le lieu de travail. " Pour Maggie De Block, il est essentiel que l'approche du burn-out ne soit pas unilatérale, mais que dans chaque projet, différents acteurs collaborent dans une perspective plus large : prestataires de soins, administrations, universitaires, organisations de travailleurs indépendants, organisations artistiques.Les projets dureront un an et bénéficient d'une subvention de 10.000 à 300.000 euros. Au total, la ministre De Block libère 1,52 million d'euros pour les 12 projets. L'encadrement est assuré par une commission scientifique en collaboration avec Möbius.Parmi les projetspilotes, l'Intercommunale de soins spécialisés de Liège (Isosl) se concentrera particulièrement sur la possibilité de créer une " clinique du travail ". "Ce projet pilote mise sur la formation et la professionnalisation des professionnels de la santé et des acteurs des entreprises au travers d'une approche clinique spécifique de la lutte contre les affections mentales liées au travail. À cette fin, un référentiel de compétences et des outils pédagogiques sont mis à disposition. Pour diffuser ces outils, des espaces réseaux, des centres de référence pluridisciplinaires, des espaces de recherche, de thérapie et de formation sont créés, pour les professionnels de la santé, les acteurs de l'entreprise, ainsi que les particuliers. "Anne Burlet, en charge du projet, explique : "Notre idée est de réfléchir en focus group avec des médecins traitants, des médecins du travail, des psychologues du travail aux compétences nécessaires pour prendre en charge ce type d'affections et d'élaborer un diagnostic différentiel. Nous travaillons à conceptualiser une clinique du travail via deux groupes et six sessions, une recherche sur ce qui se fait déjà ailleurs, et une étude sur les besoins des professionnels. En deuxième instance, nous voulons créer des dispositifs pédagogiques, une clinique filmée, analyser et élaborer tout un programme, mettre en place un dispositif d'intervision, tout cela devant déboucher sur cette Clinique du travail. "Une fois cela mis en place, le projetpilote publiera des fiches de travail sur les diagnostics différentiels et sur les interventions. Le diagnostic différentiel consiste à bien circonscrire le burn-out par rapport à d'autres problèmes mentaux au travail tels que la dépression, l'anxiété, l'épuisement, la fibromyalgie et les autres problématiques qui ne sont pas des burn-out. Il faut aussi séparer le burn-out de problèmes qui sont la conséquence d'un hyper-conflit. " Il faut définir la symptomatologie et affiner les diagnostics par rapport au travail. "Les concepteurs s'inspirent notamment des travaux du Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste français auteur notamment de " Suicide au travail, que faire ? " (PUF). " Cette vision-là n'est pas encore partagée par tous dans les prises en charge des problèmes sur le lieu de travail. "Le projet a été choisi parmi 70 autres répondant à un appel d'offre de la ministre. La procédure via manuel et template exige des objectifs bien définis avec un budget cohérent suivis d'une interview qui débouche sur une série de rectificatifs, précise la responsable de projet.Le timing (un an) est, dans ce cas de figure, particulièrement serré...