Nicolas de Pape
Nicolas de Pape
Senior Writer
Opinion

22/11/18 à 23:30 - Mise à jour à 15:19

Brésil, Venezuela: la médecine a le blues

Deux millions de Vénézuéliens ont fui le " socialisme réel " de Chavez et Maduro, la plupart vers le Brésil voisin. Même cause, même conséquence qu'en Europe, un président " populiste " a été élu, Jair Bolsonaro. Il prendra ses fonctions en janvier.

Brésil, Venezuela: la médecine a le blues

© MAXPPP

Le bilan du président brésilien Lula, emprisonné pour corruption a fortement aidé le nouveau président brésilien. Celui-ci se plaint déjà d'alimenter la dictature communiste cubaine en payant grassement les milliers de médecins cubains expatriés au Brésil (ils ne reçoivent que 825 dollars des 3.300 que le Brésil paie à l'île castriste).

Cuba exporte ses professionnels de soins dans le monde entier depuis des décennies. A Cuba, un chirurgien préférera exercer en Amérique du Sud que conduire un taxi. Leur activité rapporte, selon certaines estimations, pas moins de 11 milliards de dollars au régime castriste, bien plus que le tourisme.

Jair Bolsonaro estime que les milliers de médecins cubains qui soignent les Brésiliens parfois jusque dans le fin fond de la forêt amazonienne, sont exploités par leur pays d'origine et doutent, Ô crime de lèse Cuba, de leurs compétences professionnelles. Il en conclut qu'ils doivent réévaluer leur diplôme.

Vexé, Cuba les rapatrie en masse, provoquant un vrai problème de santé publique puisque des millions de Brésiliens se retrouveront sans médecin.

Le Venezuela, qui abrite 20.000 médecins cubains, va-t-il suivre la même pente ? Dans l'ancien " Venezuela saoudite ", le système de santé, basé sur le modèle cubain, a éclaté : les médecins du cru fuient, huit hôpitaux sur dix manquent d'eau courante. Le " tout-pétrole " fait qu'il faut 285.000 Bolivars pour un euro...

On le voit : les problèmes de santé publique sont au coeur des révolutions qui se jouent en Amérique du Sud.

Vu d'Europe, cela donne une impression de déjà-vu.