En 2015, le montant de la facture hospitalière moyenne s'est élevé à 461 euros, ce qui correspond à une légère augmentation par rapport au niveau de 2012 (456 euros), après une baisse constatée en 2013, imputable sans doute à la suppression des suppléments en chambre commune ou double.

Ces chiffres sont basés sur l'analyse des données de facturation électronique des hôpitaux généraux et universitaires des affiliés de Solidaris en 2015, soit environ 544.344 admissions.

16% des affiliés ont choisi une hospitalisation en chambre individuelle pour laquelle le coût moyen à charge du patient a atteint 1.702 euros, soit 7 fois le montant moyen d'un séjour en chambre double ou commune (233 euros).

Les suppléments d'honoraires demandés ont davantage augmenté en Flandre (+8%) et en Wallonie (+9%) qu'à Bruxelles (+4%). La moyenne belge des suppléments d'honoraires a ainsi fait un bond de 7% entre 2013 et 2015, passant de 1.033 à 1.104 euros. Six hôpitaux parmi les dix réclamant le pourcentage de suppléments d'honoraires le plus élevé (voir tableau), sont bruxellois. Les autres sont wallons.

Données Solidaris, Solidaris
Données Solidaris © Solidaris

Se basant sur les résultats comparant les tarifs de 16 interventions "courantes", Solidaris constate une diminution du prix de 15 sur 16 interventions répertoriées pour les hospitalisations en chambre commune ou double. A l'inverse, la mutualité socialiste note une augmentation des tarifs pour 11 sur 16 de ces interventions lorsqu'elles sont pratiquées en chambre individuelle.

En chambre individuelle, 65% de la facture actuelle proviennent des suppléments d'honoraires, remarque Solidaris, qui demande dès lors plus de transparence, ainsi qu'un meilleur encadrement des suppléments d'honoraires en chambre particulière et une limitation de ceux-ci. De même, la mutualité socialiste souhaite une sécurité tarifaire pour les prestations en ambulatoire.

"Distinguer honoraires purs et actes techniques"

Pour le Dr Nicolas Berg, co-président du Modes, il importe de rendre plus visible l'honoraire pur du médecin, bien différent à l'hôpital et en consultation privée. "Le problème (des suppléments d'honoraires, ndlr) est au moins aussi important hors hôpital."

Concernant les chiffres de Solidaris, le spécialiste en gériatrie glisse qu'il serait intéressant de décortiquer par hôpital et par service, quelle part est destinée au gestionnaire. "Si une bonne part des 100 premiers pourcents de suppléments d'honoraires va au médecin, la part destinée au gestionnaire augmente lorsqu'on dépasse ces 100%." "La réforme du financement hospitalier devra inclure une distinction claire entre honoraires purs et actes techniques", souligne-t-il.

La transparence et une bonne information préalable du patient sont nécessaires. "Un système de devis relève cependant de la mission impossible", s'exclame Nicolas Berg, faisant référence à des hospitalisations donnant lieu à diverses investigations en cas de diagnostic délicat. Mais si le patient a le droit d'être informé, les médecins peuvent également prétendre à une estimation précise de leurs revenus nets.

Quant au fait que six hôpitaux bruxellois appartiennent au Top 10 des suppléments d'honoraires en Belgique pour l'année 2015, il admet que "la concentration bruxelloise est importante, parlant là "de pratiques médicales et financières différentes ; une question d'aura de certaines institutions qui ne se justifie pas médicalement..."

"Il ne faut pas craindre le changement", estime le Dr Berg, abordant au passage le système du pool d'honoraires. "On a parlé des néphrologues qui gagnaient beaucoup mais dans le cadre des pools d'honoraires, dans certains hôpitaux, il y a redistribution et équilibration. Certains honoraires paraissent très élevés mais ils peuvent permettre de revaloriser certaines spécialités sous-payées qui prestent peu d'actes techniques."

"Malhonnêteté intellectuelle"

Pour le Dr Philippe Devos, administrateur à l'Absym, "c'est de la malhonnêteté intellectuelle que de dire que la problématique des suppléments d'honoraires est au centre de la réforme du financement hospitalier." "Au contraire, il en va de la survie du système", ajoute-t-il.

"Dans certains hôpitaux, les instrumentistes, par exemple, sont payés grâce aux rétrocessions d'honoraires, dans d'autres ils sont pris en charge par l'hôpital", explique-t-il. "Il y a un flou sur le BMF et sur ce qui est à charge du médecin", ajoute le chef de service de réanimation adulte aux Cliniques St-Joseph. Selon lui, l'idée que cette augmentation des suppléments d'honoraires se fait au détriment du patient est fallacieuse : "ce sont les assurances qui prennent en charge ces frais", avance-t-il, faisant référence à des données OCDE.

Le Dr Devos estime que les suppléments d'honoraires sont la seule solution en attendant un changement législatif du financement hospitalier. "On doit aller vers un coût vérité, à rediscuter quand on sera passés à un système d'honoraires purs."

Il considère l'augmentation des suppléments d'honoraires comme une conséquence de la suppression des suppléments en chambre double ou commune. Concernant le Top 10 des suppléments d'honoraires perçus, le Dr Devos remarque d'abord que "Solidaris a été honnête et utilise des pourcentages moyens." Il note ensuite que la liste compte des hôpitaux universitaires, "au sein desquels l'intéressement sur le supplément d'honoraires est faible, a priori, puisqu'il s'agit de médecins salariés. C'est que ces suppléments servent à financer d'autres missions", relève-t-il. Le Dr Devos note également le fait que Zorgnet a demandé une hausse du plafond du supplément d'honoraires à 200% : "la preuve qu'ils ne s'en sortent pas autrement !", explique-t-il.

En 2015, le montant de la facture hospitalière moyenne s'est élevé à 461 euros, ce qui correspond à une légère augmentation par rapport au niveau de 2012 (456 euros), après une baisse constatée en 2013, imputable sans doute à la suppression des suppléments en chambre commune ou double. Ces chiffres sont basés sur l'analyse des données de facturation électronique des hôpitaux généraux et universitaires des affiliés de Solidaris en 2015, soit environ 544.344 admissions.16% des affiliés ont choisi une hospitalisation en chambre individuelle pour laquelle le coût moyen à charge du patient a atteint 1.702 euros, soit 7 fois le montant moyen d'un séjour en chambre double ou commune (233 euros).Les suppléments d'honoraires demandés ont davantage augmenté en Flandre (+8%) et en Wallonie (+9%) qu'à Bruxelles (+4%). La moyenne belge des suppléments d'honoraires a ainsi fait un bond de 7% entre 2013 et 2015, passant de 1.033 à 1.104 euros. Six hôpitaux parmi les dix réclamant le pourcentage de suppléments d'honoraires le plus élevé (voir tableau), sont bruxellois. Les autres sont wallons.Se basant sur les résultats comparant les tarifs de 16 interventions "courantes", Solidaris constate une diminution du prix de 15 sur 16 interventions répertoriées pour les hospitalisations en chambre commune ou double. A l'inverse, la mutualité socialiste note une augmentation des tarifs pour 11 sur 16 de ces interventions lorsqu'elles sont pratiquées en chambre individuelle.En chambre individuelle, 65% de la facture actuelle proviennent des suppléments d'honoraires, remarque Solidaris, qui demande dès lors plus de transparence, ainsi qu'un meilleur encadrement des suppléments d'honoraires en chambre particulière et une limitation de ceux-ci. De même, la mutualité socialiste souhaite une sécurité tarifaire pour les prestations en ambulatoire.