Arriver à la consultation à 30 euros en trois ans

13/11/18 à 09:30 - Mise à jour à 15:44

C'est l'idée de Jacques de Toeuf, vice-président de l'Absym. " Ce à quoi je pense, c'est un plan pluriannuel sur trois ans axé autour des 160 millions nécessaire pour booster la consultation à 30 euros soit en ponctionnant ce qui est nécessaire sur la masse d'index soit en le prenant sur une partie des prestations techniques."

Arriver à la consultation à 30 euros en trois ans

© MAXPPP

Faire passer la consultation de 25 à 30 euros revient à l'augmenter de 20% entièrement à charge de l'Inami puisque le ticket modérateur s'exprime en euro et non en pourcentage. Cette opération coûterait environ 160 millions dont on prendrait 145 millions sur la masse d'index. On mettrait en balance la prescription électronique en vérifiant ce qu'elle permet d'économiser et l'augmentation de la consultation.

" On le ferait sur trois ans avec augmentation effective au 1er janvier 2022. On ne peut plus le mettre dans le budget 2019 car c'est trop tard", explique le chirurgien bruxellois. "Mais on pourrait démarrer le processus en juillet 2019 par exemple. On pourrait inscrire cette adaptation de la consultation dans le budget intermédiaire. "

Par ailleurs, le MG reçoit 6.000 euros (maximum) de forfait d'informatisation mais le spécialiste, à qui on demande la même chose, ne reçoit rien, ce qui est embarrassant pour la médecine spécialisée. " Donc en augmentant la consultation, ce serait une manière de jauger les moyens dont dispose le médecin généraliste. "

Radiologues convaincus

Le Dr de Toeuf n'a cependant pas encore testé cette idée auprès des mutuelles à l'heure d'écrire ces lignes*. Le C.A. de l'Absym semble favorable. C'est donc un premier pas. " Si on veut augmenter les honoraires de surveillance et les visites, c'est 10% des actes techniques hors biologie et imagerie médicale soit à peu près 250 millions. Je ne peux pas faire cela en une fois donc je dois faire des glissements d'où l'idée d'ajuster le budget en fonction de la consultation électronique en regardant ce que l'on consomme réellement. "

Les radiologues de l'Absym semblent convaincus. Par contre, les biologistes ne disposent pas de consultation. Donc il faut agir sur la masse d'indexation. De Toeuf imagine qu'on touche à l'index des autres mais pas des biologistes. " Tout cela doit évidemment être soutenable pour les médecins consommateurs d'actes techniques en matière de frais de pratique, de charge de personnel. Il ne faut pas rendre impossible l'exercice de la médecine spécialisée. La balance est difficile à trouver. "

Rappelons qu'entre 2008 et 2013 on a fait ce type de transferts dans les accords médico-muts au niveau de la médecine spécialisée. On l'appela l'opération rattrapage pour les spécialités " pauvres ". " On a, rappelez-vous, revalorisé les gériatres, les neurologues, les endocrinologues, etc. Tous ceux qui n'avaient pas d'actes techniques. On a doublé les honoraires de surveillance des psychiatres hospitaliers. On a fait des gros transferts. On pourrait agir selon le même principe pour la revalorisation de la consultation... "

*La proposition a été faite entre-temps en médico-mut lundi soir.

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