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A peine croyable

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Il y a exactement deux ans, les rédacteurs en chef du journal du Médecin et de Artsenkrant ont publié les résultats de notre enquête sur les conditions de travail des médecins belges. Ce sont les chiffres sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail qui ont peut-être causé le plus d'agitation à l'époque, mais nos rédacteurs en chef étaient au moins aussi intrigués par ce que nos lecteurs ont dit sur leurs perspectives de carrière. Les médecins masculins et féminins ont-ils les mêmes chances d'occuper un poste de responsabilité, par exemple ? Sept médecins masculins sur dix le pensaient alors. Pas du tout, selon une grande majorité (64%) de femmes médecins.

© Science Photo Library

Comment vérifier cela dans la pratique ? Difficile. Cela a incité notre rédaction à examiner de près les fonctions de direction dans les hôpitaux et à se poser la question : la fonction est-elle exercée par un homme ou une femme ? Le fait qu'il n'est pas toujours facile de trouver une femme à interviewer qui occupe un poste à responsabilité (que ce soit dans le monde hospitalier ou en première ligne), nous renforce dans cette idée. Et c'est ainsi que nous avons fait nos comptes.

Nombre de femmes et d'hommes dans la gestion des hôpitaux

Il n'est pas surprenant que, dans tous les hôpitaux de Belgique, les femmes soient notoirement minoritaires en ce qui concerne les postes de directrice d'hôpital, de médecin-chef, de directrice des soins infirmiers et de directrice financière. Les femmes sont également beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les conseils d'administration et les conseils médicaux : dans les deux organes, moins de 30% des membres sont des femmes. Seuls les directeurs des ressources humaines sont plus susceptibles d'être des femmes, et en Belgique francophone, une femme est également plus susceptible d'occuper le poste de directeur des soins infirmiers.

J'écris que cela ne devrait pas être surprenant et en fait ce résultat ne surprend pas non plus. C'est précisément ce qui est incroyable. D'une certaine manière, il semble qu'il est maintenant généralement admis qu'il y a moins de femmes parmi les directeurs, qu'il faut effectivement (plus) de quotas, que le changement est lent et qu'il faudra un certain temps avant que dans chaque entreprise, asbl, institution gouvernementale, .... autant de femmes que d'hommes y parviennent. En réalité, ce n'est pas une bonne chose (euphémisme). Et est-il nécessaire d'attirer l'attention sur ce point aujourd'hui comme hier? Comment ne pas montrer la réalité (de l'hôpital) en noir et blanc ?

Aller plus loin

Nos rédacteurs en chef ont essayé - en gardant à l'esprit une formation récente du "journalisme constructif" - d'aller plus loin que la simple présentation de chiffres. Par exemple, nous avons interviewé un certain nombre de femmes occupant des postes de direction en hôpital et nous leur avons demandé comment elles y étaient arrivées, si elles avaient rencontré des obstacles à cet égard, si elles ont été confrontées à des préjugés sexistes, .... Pourquoi pensent-elles que moins de femmes occupent des postes à responsabilités... Mais surtout : les hôpitaux devraient-ils recruter plus de femmes aux postes de direction et d'administration ? Comment encourager les femmes à postuler à de tels postes ? Les quotas sont-ils appropriés dans le monde hospitalier ? Les quotas ont-ils (toujours) un sens ? Par exemple (voir page 9), le Dr Muriel Thienpont, présidente du conseil médical d'AZ Alma, mentionne qu'il y a à peine autant de candidats qu'il y a de membres dans le conseil médical.

Espérons qu'à l'occasion de la Journée internationale de la femme, vous n'allez pas mettre ce journal sur la pile des autres journaux. Laissez-le refroidir un moment. Et si, par exemple, vous proposiez une femme pour un nouveau poste à responsabilité ?

Emily Nazionale

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