L'examen d'entrée mis en place en Fédération Wallonie-Bruxelles ne serait, selon l'exécutif fédéral, pas assez limitatif. Ces querelles charrient avec elles de l'incertitude, encore et toujours, pour des centaines d'étudiants en cours de cursus qui pensaient qu'en réussissant l'examen d'entrée, la question de l'obtention d'un numéro Inami ne se poserait plus et se sentent dès lors pris en otage. Et malheureusement, une toile de fond toujours communautaire se profile à mesure que s'approchent de nouvelles échéances électorales.

Contingenter... mais à quel prix ?

Un contingentement efficace n'a de chance de fonctionner, sans prêter le flanc à la critique, que si le système dans lequel il s'applique est bien organisé. Sans une méthodologie claire sur les besoins de santé de la population et une répartition des rôles entre les différents prestataires pour délivrer ces soins, il est impossible en effet de programmer avec un minimum de précision le nombre de professionnels dont la population a besoin. Une production globale définie de médecins ne permet pas de garantir un nombre suffisant de généralistes, d'urgentistes ou de gériatres par exemple.

Une telle approche rationnelle permettrait de faire l'économie de conflits ouverts répétés entre la ministre fédérale et les entités fédérées. Il faudrait donc un accord méthodologique et puis l'acceptation des résultats de cette étude de besoins et de répartition du travail. Des quotas mal calculés ou à la baisse risquent à terme de déprécier la médecine belge tant du point de vue quantitatif que qualitatif.

De récents articles rapportent par exemple une pénurie actuelle et à venir en médecine générale et dans certaines spécialités. Certaines zones géographiques du pays sont déjà en manque cruel de praticiens. Il est heureux que le SPF santé publique ait été chargé, lors de la récente conférence interministérielle extraordinaire, d'élaborer une nouvelle proposition de protocole de contingentement qui tienne compte des réalités de terrain en Wallonie et à Bruxelles. Rien n'est cependant réglé et le dossier pourrait encore se retrouver sur la table du prochain ministre fédéral de la Santé. À nous de lui souhaiter de mettre en place une solution pérenne, respectueuse de tous et surtout concertée.