Les participants ignoreront quel vaccin ils reçoivent et dans quelle dose, une méthode cruciale scientifiquement pour identifier les meilleurs vaccins.

L'université d'Anvers accélère la construction de Vaccinopolis

Vaccinopolis, le centre de tests de vaccins de l'université d'Anvers (UA), ouvrira ses portes en mai 2021. Sa construction est accélérée afin de répondre à la demande mondiale urgente de développement de tests et de nouveaux vaccins, dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Ainsi, au lieu des quatre à cinq ans habituellement nécessaires, la nouvelle infrastructure devrait être mise sur pied en un an et demi à peine.

Le projet commun de l'UA et de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), pour lequel le gouvernement fédéral a débloqué 20 millions d'euros, recevra un traitement d'urgence. L'université anversoise a été informée lundi du consortium d'entreprises qui s'attèlera à la construction du campus Drie Eiken Vaccinopolis, un centre pouvant recevoir en quarantaine jusqu'à 30 personnes disposées à tester de nouveaux vaccins. Le consortium IMM/Unity a remporté l'appel d'offre.

Les différents partenaires ont soumis lundi la demande de permis de construire et espèrent pouvoir commencer les travaux début 2021. La construction se fera dans un délai extrêmement court. La dernière brique du bâtiment de quatre étages devra en effet être posée dans les douze mois.

Les entreprises pharmaceutiques se montrent particulièrement intéressées par la mise en place d'un tel projet. "Nous avons reçu des demandes de la part d'entreprises belges et étrangères avant même de débuter les travaux", affirme le vaccinologue Pierre Van Damme de l'Université d'Anvers.

Située à la frontière d'Edegem et Wilrijk (province d'Anvers), l'infrastructure comprendra une salle d'essais cliniques, des laboratoires, des bureaux, des salles de consultation et des aménagements d'hébergement et de loisirs. Les 30 personnes infectées par le coronavirus et admises pour des tests dits "de provocation" seront réparties en deux groupes. Le premier groupe recevra un candidat vaccin tandis que l'autre se verra administrer un placebo.

"Nous avons opté pour 30 lits car il y a une certaine fiabilité statistique à partir de ce nombre-là", ajoute le professeur Van Damme. Il existe peu de centres de recherche similaires. "Il y en a un au Royaume-Uni et trois aux États-Unis. Mais le nombre de lits y est souvent plus faible et les vaccins sont spécialisés pour des virus spécifiques. Vaccinopolis va aller au-delà", conclut le vaccinologue.

Belga

Les participants ignoreront quel vaccin ils reçoivent et dans quelle dose, une méthode cruciale scientifiquement pour identifier les meilleurs vaccins.