SANDPIPER

05/06/18 à 10:22 - Mise à jour à 12:15

SANDPIPER est une étude internationale multicentrique randomisée contrôlée de phase 3 que les investigateurs qualifient de premier et en même temps de plus grand (?) essai concernant le taselisib, une thérapie ciblant le gène qui encode la sous-unité catalytique alpha de la phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase (PI3KCA). Ce gène est porteur d'une mutation dans environ 40% des cas de cancers du sein exprimant des récepteurs aux oestrogènes (ER+).

José Baselga

José Baselga

SANDPIPER a enrôlé 516 femmes ménopausées ayant un cancer du sein non résécable localement avancé ou métastatique (ER+, HER2- et PI3KCA-MUT confirmé par testing centralisé) qui avaient progressé ou rechuté en dépit d'un traitement initial par anti-aromatases.

Selon une randomisation 2:1, ces femmes ont été allouées à un bras fulvestrant 500 mg + taselisib 4mg/j per os (n=340) ou à un bras fulvestrant 500 mg + placebo (n=176). L'étude a été menée en double aveugle et la survie sans progression évaluée par les investigateurs était le critère de jugement principal.

Jose Baselga qui a présenté les résultats a fait état d'une diminution de 30% de la probabilité de voir progresser le cancer chez les femmes du bras fulvestrant + taselisib par rapport aux femmes du bras fulvestrant + placebo, résultant d'un gain médian de 2 mois de survie sans progression (médianes respectives 7,4 mois versus 5,4 mois ; HR 0,70 ; p=0,0037).

SANDPIPER

A noter que la revue centralisée indépendant menée en aveugle corrobore tout à fait ce résultat avec un HR à 0,66.

Le taux de réponses objectives chez les femmes du bras fulvestrant + taselisib était plus de deux fois celui documenté chez les femmes du bras fulvestrant + placebo (28,0% versus 11,9% ; p=0,0002).

Ce gain modeste de survie sans progression se paie au prix fort puisque l'ajout du taselisib s'est accompagné d'un triplement des effets secondaires de stade 3 ou plus (49,5% versus 16,4%), d'un taux d'arrêts de traitement pour effets secondaires près de 8 fois plus important (16,8% versus 2,3%) et d'un pourcentage élevé de diminution de doses (37% versus 2%). Les principaux effets secondaires rencontrés après addition du taselisib étaient la diarrhée et l'hyperglycémie.

Un bémol additionnel

Une analyse par région géographique montre que les meilleurs résultats sont obtenus en Amérique du Nord et en Europe occidentale où le gain médian de survie sans progression atteint 3,5 mois (7,9 mois versus 4,5 mois avec le fulvestrant seul). En revanche, dans l'Europe de l'est et en Amérique latine, l'ajout du taselisib ne s'accompagne que de peu, voire pas de bénéfice.

D'après José Baselga, ASCO 2018 Chicago 1-5 juin.