Osimertinib : la révolution en marche

11/09/17 à 13:35 - Mise à jour à 13:35

L'étude FLAURA révolutionne le monde des patients touchés dans le cancer pulmonaire non-à-petites-cellules (NSCLC) EGFR + et propose des perspectives encourageantes.

Osimertinib : la révolution en marche

© BelgaImage

FLAURA est une étude clinique en double aveugle de phase III randomisée comparant l'osimertinib aux standards de soins que sont l'erlotinib ou le gefitinib comme traitement de première ligne pour les patients atteints de cancers pulmonaires non-à-petites-cellules (NSCLC) avec des mutations EGFR exon 19 ou 21. Les 556 patients d'Asie (2/3 des patients), d'Europe et d'Amérique du Nord (1/3 des patients), ont été randomisés à un ratio de 1:1 pour un traitement avec l'osimertinib (80mg po qd, n=279) ou les standards de soins (gefitinib 250 mg po qd ; erlotinib 150 mg po qd ; n=277).

"Nous sommes partis de l'hypothèse qu'un médicament qui s'attaque aux mutations résistantes du T790M et celles du EGFR serait associé à une amélioration de l'état des patients", d'après le Professeur Suresh Ramalingam (Atlanta, GE, USA), principal investigateur de l'étude.

L'osimertinib est un inhibiteur de troisième génération qui, de manière sélective et puissante, inhibe les cellules tumorales présentant des mutations EGFR et T790M.

Des résultats très encourageants

Cependant, malgré les taux de réponse élevés et la médiane de survie sans progression (PFS), les patients développent invariablement une certaine résistance à l'erlotinib et au gefitinib, notamment.

Une étude précédente, de 60 patients souffrant de NSCLC avec d'emblée des mutations EGFR, a montré que la PFS médiane avec l'osimertinib était de 20.5 mois, ce qui est presque deux fois plus élevé que les résultats avec l'erlotinib ou le gefitinib.

Pour l'étude FLAURA, la médiane de survie sans progression de la maladie (PFS) est de 18.9 mois avec l'osimertinib comparée à 10.2 mois pour la thérapie standard, soit une réduction de risque de progression de 54% (HR=0,46 ; 95% CI, 0.37-0.57; p<0.0001). Les avantages de survie sans progression de la maladie ont été consistants dans tous les sous-groupes.

De plus, la durée médiane de réponse était deux fois plus élevée pour les patients traités avec l'osimertinib (17.2 mois) versus les standards de soins (8.5 mois). Le taux de réponse global était de respectivement 80% versus 76%.

Une révolution à plusieurs niveaux

La survie globale a augmenté de 37% en faveur de l'osimertinib (HR=0.63) bien que cela ne soit pas significatif lors de l'analyse de survie intermédiaire (25% de maturité). L'incidence des effets secondaires de grade 3 était plus basse avec l'osimertinib (34%) qu'avec le traitement standard (45%). Au niveau des effets secondaires, le Professeur Ramalingam explique : "Le profil fiable de l'osimertinib était plus favorable malgré un traitement de plus longue durée (16.2 mois) comparé aux standards de soin (11.5 mois)."

"L'osimertinib est clairement supérieur en termes de résultats par rapport aux thérapies standards pour les traitements de première ligne pour les patients atteints de NSCLC. L'avantage de la PFS pour les patients avec ou sans métastases au cerveau est pratiquement identique, suggérant que l'osimertinib est aussi actif au niveau cérébral que sur les autres organes. Ceci est important, car ces métastases sont habituelles chez les patients atteints de mutations EGFR" explique Suresh Ramalingam. Pour le Dr Enriqueta Felip (Barcelone, Espagne), "en se basant sur ces résultats, l'osimertinib devrait être considéré comme une nouvelle option proposée en traitement de première ligne aux patients avec des mutations EGFR."

Ramalingam S et al. Osimertinib vs standard of care (SoC) EGFR-TKI as first-line therapy in patients (pts) with EGFRm advanced NSCLC: FLAURA ESMO 2017 Abstract #LBA2.

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