CheckMate 227, nouvelles données

07/06/18 à 09:00 - Mise à jour à 06/06/18 à 16:14

L'étude randomisée de phase 3 CheckMate 227 évalue l'impact d'un traitement de première ligne par immunothérapie (nivolumab seul ou nivolumab + ipilimumab ou nivolumab + chimiothérapie) par rapport à une chimiothérapie classique par doublet à base de sels de platine chez des sujets ayant un cancer du poumon non à petites cellules à un stade avancé ou récidivant sans altération ALK ou EGFR et naïfs de traitement systémique.

Hossein Borghaei

Hossein Borghaei

Cette étude a déjà montré que la combinaison nivolumab + ipilimumab permettait d'obtenir une survie sans progression (un des deux co-critères d'évaluation) plus prolongée chez les sujets ayant une charge mutationnelle élevée (≥10 mutations/mégabase), mais la quête d'un biomarqueur plus aisément accessible se poursuit.

Certaines études ont montré par exemple que dans une population non sélectionnée, les meilleurs résultats obtenus avec l'association anti-PD-L1 + chimiothérapie concernaient les sujets dont la tumeur exprimait fortement PD-L1, mais la valeur de ce biomarqueur reste discutée.

Dans CheckMate 227, 520 patients ayant un faible taux d'expression tumorale de PD-L1 (< 1%) avaient été alloués selon une randomisation 1:1:1 à un des 3 bras ci-après

• nivolumab (3 mg/kg toutes les 2 semaines) + ipilimumab (1 mg/kg toutes les 6 semaines)

• nivolumab à dose fixe de 360 mg toutes les 3 semaines + chimiothérapie

• chimiothérapie avec option de pemetrexed en maintenance après la chimiothérapie pour les cancers épidermoïdes.

A Chicago ont été rapportés les résultats d'une analyse portant spécifiquement sur les bras nivolumab + chimiothérapie (n= 177) et chimiothérapie seule (n = 186). Ces patients qui avaient des caractéristiques initiales similaires ont été traités pendant une période pouvant aller jusqu'à 2 ans (minimum 11,2 mois).

Versant sécurité d'emploi, les deux bras font jeu égal en termes de taux d'effets secondaires ayant entrainé l'arrêt du traitement 13% pour l'association nivolumab + chimiothérapie et 14% pour la chimiothérapie seule.

La figure 1 montre que la survie sans progression était meilleure dans le bras nivolumab + chimiothérapie que dans le bras chimiothérapie seule (HR 0,74 ; IC 95% 0,58-0,94) et ce bénéfice était observé dans la majorité des sous-groupes évalués. Ces résultats indiquent donc que l'ajout du nivolumab est bénéfique y compris chez les sujets ayant un très faible degré d'expression tumorale.

CheckMate 227, nouvelles données

De meilleurs résultats ayant été documentés en cas de cancers non épidermoïdes (HR 0,68 versus 0,92 pour les cancers épidermoïdes) et en cas de charge mutationnelle élevée (HR 0,56 versus 0,87 en cas de charge mutationnelle basse), une analyse exploratoire a été faite sur le groupe de patients ayant un taux bas d'expression tumorale de PD-L1 (< 1%) selon qu'ils avaient ou non une charge mutationnelle élevée (≥10 mutations/mégabase). Pour les sujets avec charge mutationnelle élevée, le taux de survie sans progression à 1 an est de 45% chez les 38 sujets du bras nivolumab + ipilimumab, de 27% chez les 43 sujets du bras nivolumab + chimiothérapie et de 8% pour les 48 sujets du bras chimiothérapie.

Pour les sujets avec charge mutationnelle basse (<10 mutations/mégabase), le taux de survie sans progression à 1 an est de 18% à la fois chez les 52 sujets du bras nivolumab + ipilimumab et chez les 54 sujets du bras nivolumab + chimiothérapie et il est de 16% chez les 59 sujets du bras chimiothérapie.

Au total, l'ensemble des données disponibles à ce jour suggèrent que l'immunothérapie par nivolumab s'accompagne de bénéfices cliniques, même chez les sujets à faible expression tumorale de PD-L1 et que la connaissance de la charge mutationelle est un atout utile pour décider de l'option thérapeutique la mieux adaptée à tel ou tel malade.

D'après la communication de Hossein Borghaei. ASCO 2018, Chicago 1 - 5 juin.

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