Le mal-être des infirmières accroît le risque d'erreurs médicales

07/12/17 à 09:00 - Mise à jour à 04/12/17 à 14:02

Plus de la moitié des infirmières américaines déclarent avoir une mauvaise santé physique et mentale. Et cette mauvaise santé, en particulier la dépression, est liée au risque de commettre des erreurs médicales. Telles sont les principales conclusions d'une étude nationale à grande échelle réalisée par l'Ohio State University.

Le mal-être des infirmières accroît le risque d'erreurs médicales

© pixabay

Épuisement, fatigue émotionnelle, dépression et difficulté à concilier vie personnelle et professionnelle sont des maux dont souffrent régulièrement les professionnels de santé et notamment les infirmières. Un constat que confirme une enquête descriptive transversale menée auprès de 1790 infirmières à travers les Etats-Unis.

Cette enquête, qui comprenait 53 questions et qui a été réalisée dans 20 hôpitaux, révèle que plus de la moitié (54%) des infirmières se sentent en mauvaise santé physique et psychique et qu'environ un tiers admet un certain degré de dépression, d'anxiété ou de stress.

Par ailleurs, lorsque les chercheurs comparent les données sur le bien-être du personnel infirmier et les erreurs médicales auto-déclarées, ils constatent un lien important entre une mauvaise santé - en particulier la dépression - et de telles erreurs. Les infirmières en moins bonne santé ont une probabilité plus élevée de 26 à 71% de signaler des erreurs médicales au cours des cinq dernières années vs leurs homologues en meilleure santé.

Parmi les résultats, il y a aussi une relation significative entre un mieux-être au travail perçu et une meilleure santé.

"Lorsque vous n'êtes pas en parfaite santé, vous n'êtes pas au top de votre exercice et vous risquez davantage de commettre des erreurs," résume l'auteur principal, Bernadette Melnyk. Selon elle, si on veut garantir des soins de haute qualité et réduire les risques d'erreurs médicales évitables et coûteuses, le bien-être des cliniciens doit devenir une priorité des systèmes de santé.

(référence : Journal of Occupational and Environmental Medicine, 23 octobre 2017, doi : 10.1097/JOM.0000000000001198)