Méthodes contraceptives durales et réversibles, enseignements de la vraie vie

14/05/18 à 07:40 - Mise à jour à 19:48

Les méthodes contraceptives durales et réversibles (LARC pour Long-Acting Reversible Contraceptive) ont la réputation d'être parmi les plus efficaces et les plus fiables, elles ne sont pourtant choisies que par un nombre restreint de femmes en âge de procréer.

Méthodes contraceptives durales et réversibles, enseignements de la vraie vie

dr. Tuire Saloranta (gauche) & dr. Frida Gyllenberg (droite), Helsinki, Finland © updates

Depuis 2013 les centres publics de planning familiaux de Vantaa, ville qui fait partie de la zone métropolitaine d'Helsinki, ont offert aux femmes âgées de 15 à 45 ans la possibilité de bénéficier gratuitement d'une première méthode LARC. Lors de cette année 2013, au total 5.930 des 50.308 femmes éligibles au programme ont fréquenté un des centres et 1.307 (22%) ont initié une méthode LARC dont 800 (13,5%) en profitant de la proposition de gratuité.

Lors du 15ème congrès de l'European Society of Contraception and Reproductive Health (Budapest 9-12 mai 2018), les investigateurs (T Salorenta et al. #A178) ont dressé analysé les différences entre l'ensemble des femmes choisissant gratuitement ou non une méthode LARC et celles préférant recourir à d'autres options.

Globalement les femmes optant pour une méthode LARC

  • sont plus âgées (âge moyen 28,1 ± 7,1 ans vs 24,9 ± 6,8 ans ; p<0,001),
  • sont plus souvent mariées (41,3% contre 19,8%, p<0,001),
  • ont plus souvent déjà été mère (54% versus 20,5% ; p<0,001)
  • ont plus souvent des antécédents d'avortement provoqué (18,6% versus 14,1% ; p=0,001).

La probabilité de choisir une méthode LARC est en moyenne

  • 3,3 fois plus élevée (IC 95% 3,0-3,9) chez les femmes ayant déjà eu des enfants que chez les nullipares, respectivement 31,3% versus 9,1%,
  • 2,4 fois plus élevée (IC 95% 2,1-2,7) chez les femmes mariées,
  • plus élevée de 30% (IC 95% 1,1-1,6) chez les femmes ayant des antécédents d'avortement provoqué.

Ces résultats sont en accord avec les résultats d'autres études récentes. Les investigateurs concluent que la réalité ne correspond pas toujours à ce qui devrait être. En effet alors qu'il est estimé que ce sont les femmes les plus jeunes qui bénéficieraient le plus des méthodes LARC et qu'il est démontré que la nulliparité n'est absolument pas un obstacle à ce type de contraception, ce sont les femmes plus âgées, mariées et déjà mères qui choisissent préférentiellement une méthode LARC.

A noter qu'un autre membre de l'équipe d'investigateurs finlandais (F Gyllenberg et al. #FC-05) a présenté des données montrant que par rapport aux femmes fréquentant les centres de planning familiaux ayant opté pour d'autres modes de contraception, celles qui ont opté pour une méthode LARC offerte gratuitement ont moins souvent été enceintes (9,2% versus 14,9%) et ont moins souvent avorté (12,1% versus 21,4%). Une première analyse fait état d'un risque relatif d'avortement provoqué déduit de plus de 50% (RR 0,43 ; IC 95% 0,21-0,79)