Des petites souris australiennes qui nous en apprennent beaucoup

15/09/17 à 09:35 - Mise à jour à 09:35

Etre enceinte ou fumer, il faut choisir ! Nombreuses sont les futures mères fumeuses qui se tournent vers la cigarette électronique à l'annonce de leur grossesse pour protéger le bébé des méfaits du tabac, mais est-ce vraiment le cas ? Une étude australienne, menée sur des souris de laboratoire, montre une augmentation importante du risque d'asthme allergique ainsi que des altérations importantes du fonctionnement des cellules respiratoires chez les enfants dont les mamans ont cru bien faire en vapotant durant leur grossesse.

Des petites souris australiennes qui nous en apprennent beaucoup

© BelgaImage

Direction donc l'Australie et, plus précisément, l'University of Technology de Sydney où, dans son laboratoire du groupe d'étude des maladies respiratoires, le Dr Pawan Sharma a exposé des souris femelles à la vapeur de cigarettes électroniques, avec ou sans nicotine, avant et pendant leur grossesse ainsi qu'après la naissance, durant la période où elles les nourrissent. Un troisième groupe était, pour sa part, exposé à de l'air ambiant et constitue de ce fait le groupe contrôle de l'étude. Une fois sevrés de leur mère, les petits ont été régulièrement exposés à un allergène, des protéines d'oeuf, jusqu'à ce qu'un asthme allergique se développe. Pour une autre partie de l'étude, le groupe de chercheurs a exposé des cellules humaines à diverses concentrations du liquide contenu dans les recharges des cigarettes électroniques afin d'étudier leur impact sur le fonctionnement du système mitochondrial, véritable centrale électrique de la cellule qui fournit l'énergie nécessaire pour le bon fonctionnement des organes dont le système respiratoire.

Les résultats montrent que le vapotage maternel augmente le risque et la sévérité de l'asthme allergique chez le jeune enfant. L'effet délétère du vapotage serait lié à une altération du fonctionnement de système mitochondrial de la cellule. Cet effet est totalement indépendant de la présence de nicotine dans la recharge ce qui signifie que ce seraient, en fait, les substances autres que la nicotine qui participent à la détérioration du bon fonctionnement mitochondrial et à l'émergence de problèmes de type allergiques chez le jeune enfant. Sur base de leurs recherches, les investigateurs estiment que la cigarette électronique ne constitue pas une alternative sûre à la cigarette normale pour les mères fumeuses durant leur grossesse et qu'il est important de combattre, dès à présent, l'idée reçue de sécurité de ces alternatives en attendant des études plus conséquentes pour confirmer ces premières observations obtenues chez la souris.

Ref: Sharma P. et al. PA4694, ERS 2017, Milan.