IRM médullaire et sclérose en plaques

21/06/18 à 08:30 - Mise à jour à 20/06/18 à 15:07

Se limiter à une IRM cérébrale dans le suivi des patients serait associé à une sous-estimation de l'activité inflammatoire de la maladie.

IRM médullaire et sclérose en plaques

La place de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) dans la sclérose en plaques est bien établie. Elle contribue à diagnostiquer la maladie, à en évaluer la sévérité, à en caractériser l'évolution, à définir les indications thérapeutiques et à définir la réponse au traitement. Mais qu'en est-il plus spécifiquement de la place respective de l'IRM cérébrale et de l'IRM médullaire ? Si cette dernière est recommandée dans l'approche diagnostique, d'aucuns estiment qu'il ne faut pas y recourir de manière systématique dans le suivi.

Objectifs et méthodologie

L'objectif de l'étude présentée par S. Ruggieri (Rome, Italie) était double: évaluer la fréquence d'une activité inflammatoire médullaire, définie par la présence de lésions montrant un rehaussement après injection de gadolinium et déterminer si une activité inflammatoire médullaire peut survenir indépendamment de l'activité inflammatoire cérébrale.

L'observation, rétrospective, est basée sur un registre et les critères d'inclusion dans l'analyse étaient les suivants: diagnostic de sclérose en plaques selon les critères de McDonald, données d'imagerie cérébrale et médullaire à deux moments distincts, à au moins 60 jours d'intervalle. L'existence d'une activité inflammatoire était définie par la détection d'au moins une lésion montrant un rehaussement après injection de gadolinium. La récidive clinique était considérée comme associée aux lésions Gd+ si elle survenait dans les 30 jours.

Il s'agissait principalement de formes récurrentes-rémittentes. La durée moyenne d'évolution dans la maladie était de 6 ans, avec un EDSS moyen de 2.

Résultats

Les investigateurs ont revu 5.717 examens et 4.537 (79,3%) ne présentaient pas de lésion avec rehaussement après injection de gadolinium. Sur les 1.180 examens restants, 651 (55,1%) montraient des lésions actives localisées uniquement au cerveau tandis que 232 (19,7%) montraient des lésions actives à la fois à l'étage cérébral et médullaire. Des lésions avec rehaussement après injection de gadolinium exclusivement médullaires ont été observées sur 297 examens (25,2%). Au sein de cette population, la présence de ces lésions a été associée à une récidive clinique dans 123/297 cas.

L'étude montre donc qu'une activité inflammatoire médullaire est non seulement fréquente mais est seule présente sur un quart des examens. Se limiter à l'imagerie par résonance magnétique du cerveau dans le suivi des patients pourrait donc entraîner une sous-estimation de l'activité inflammatoire tandis qu'inclure l'imagerie médullaire permettrait peut-être d'optimiser la stratégie thérapeutique en se tournant si nécessaire vers des traitements plus puissants. "Nos recherches futures viseront à identifier les caractéristiques démographiques et les variables cliniques associées à une activité inflammatoire exclusivement médullaire ainsi que les patients chez lesquels la présence de lésions médullaires avec rehaussement après injection de gadolinium ne sont pas associées à une récidive clinique", conclut S. Ruggieri.

S. Ruggieri et al., Abstract O 332, 4th Congress of the European Academy of Neurology, Lisbonne juin 2018.

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