Une nouvelle inégalité des sexes mise en évidence

04/10/18 à 10:04 - Mise à jour à 10:04

L'existence d'un diabète de type 2 majore le risque cardiovasculaire dans les deux sexes et il a été constaté que la détérioration du profil métabolique était plus marquée chez les femmes que chez les hommes. L'explication avancée est que le diabète de type 2 atténue voire annihile l'effet protecteur du sexe féminin sur le risque cardiovasculaire. Plausible, mais il y a peu de données sur le profil initial de risque des femmes à risque de développer un diabète.

Une nouvelle inégalité des sexes mise en évidence

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Cette situation est à l'origine du travail mené aux Pays Bas à partir des données de la Maastricht study (Rianneke de Ritter et al. PS 01-270).

Les investigateurs ont analysé transversalement l'association du prédiabète et du diabète de type 2 avec des marqueurs de risque cardiovasculaire afin de repérer d'éventuelles différences entre hommes (n=1.666) et femmes (n=1.536) à la fois avant et après l'apparition d'un diabète de type 2.

Les analyses stratifiées selon le sexe ont été effectuées en prenant un métabolisme normal du glucose comme référence.

Par rapport aux sujets ayant un métabolisme glucidique normal, les différences constatées chez les sujets prédiabétiques étaient plus marquées chez les femmes que chez les hommes pour la pression artérielle systolique (plus élevée), le cholestérol-HDL (plus bas) et les triglycérides (plus élevés). Globalement les différences constatées chez les femmes prédiabétiques étaient équivalentes à celles documentées chez les hommes diabétiques.

Toujours par rapport aux sujets ayant un métabolisme glucidique normal, les différences en défaveur du sexe féminin en termes d'IMC et de tour de taille sont manifestes au stade de diabète et ne sont que des tendances au stade de prédiabète.

Globalement, ce travail montre donc qu'avant même l'apparition du diabète de type 2 il existe des différences entre les sexes en termes de charge en facteurs de risque cardio-métabolique, différences qui sont au détriment des femmes et qui peuvent entrer en ligne de compte dans la détérioration plus marquée du profil métabolique constatée chez les femmes diabétiques. Une prise en charge plus rigoureuse des facteurs de risque mis en évidence dans ce travail semble donc s'imposer chez les femmes à risque de diabète.

EASD 2018, Berlin 1-5 octobre.

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