Insulinothérapie par pompe, nouveau progrès

08/10/18 à 11:44 - Mise à jour à 13:50

Une étude présentée lors de cet EASD 2018 par Martin Tauschmann et publiée simultanément dans The Lancet montre que l'utilisation d'un système d'administration hybride d'insuline en boucle fermée jour-nuit donne de meilleurs résultats glycémiques qu'un autre mode d'administration.

Insulinothérapie par pompe, nouveau progrès

dr. Martin Tauschmann © jdm

L'insulinothérapie par pompe peut se faire de différentes manières. Dans la plus basique la pompe n'était là que pour simplifier l'administration, les ajustements se faisant sur décision du patient en fonction de ses résultats glycémiques. Désormais l'insulinothérapie par pompe combine une surveillance continue de la glycémie et un dispositif d'administration de l'insuline, la différence entre les systèmes résidant dans façon de réagir aux données transmises par les capteurs chargés de la surveillance glycémique:

  • soit c'est le patient lui-même qui en fonction des données transmises est chargé de l'administration des doses d'insuline requises (boucle ouverte),
  • soit le système est autonome (boucle fermée) et la pompe elle-même administre automatiquement les doses d'insuline -requises,
  • soit enfin il s'agit d'un système hybride qui fonctionne en boucle fermée, mais accepte que le patient puisse dans certaines circonstances intervenir de son propre chef (administration de bolus au moment des repas par exemple).

Un tel système hybride a été comparé à une administration en boucle ouverte sur une population de 86 sujets diabétiques de type 1 (44 hommes et 42 femmes) âgés de 6 ans à 65 ans dans le cadre d'une étude randomisée contrôlée multicentrique d'une durée de 12 semaines menée dans le contexte de la vie courante habituelle des sujets inclus. Les patients avaient tous initialement un contrôle glycémique inadéquat (HbA1c de 7,5% à 10%) sous insulinothérapie par pompe. La randomisation a alloué 46 sujets au système hybride et 40 à un système boucle ouverte (contrôle). Une formation aux systèmes utilisés dans cette étude a été donnée sur une période initiale de 4 semaines.

Le critère principal de jugement était la proportion de temps passé dans la plage glycémique allant de 3,9 à 10 mmol/l (70 à 180 mg/dl).

Cette proportion était significativement plus élevée dans le groupe système hybride (65%) que dans le groupe contrôle (54%).

Dans le groupe système hybride, l'HbA1c était initialement de 8,3%, passant à 8,0% après la formation et à 7,4% en fin d'étude. Dans le groupe contrôle, les taux d'HbA1c étaient respectivement de 8,2%, 7,8% et 7,7%.

La réduction des taux d'HbA1c était significativement plus importante dans le groupe système hybride que dans le groupe contrôle (? moyen 0,36%).

Avec le système hybride, les temps moyens passés avec une glycémie <3,9 mmol/l ou >10,0 mmol/l étaient respectivement inférieurs à 12 minutes et 2h 24 minutes. La proportion de temps passé dans ces deux plages de glycémies potentiellement dangereuses était en moyenne initialement de 3,5% puis de 2,6% en fin d'étude dans le groupe système hybride, les valeurs moyennes pour le groupe contrôle étant de 3,3% initialement et de 3,9% en fin d'étude.

Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes en termes de dose quotidienne totale d'insuline et de modification du poids.

Il n'y a pas eu d'hypoglycémie sévère dans aucun des deux groupes, mais un cas d'acidocétose diabétique a été documenté dans le groupe système hybride, en relation avec un problème au niveau du dispositif d'injection.

Les investigateurs concluent que le recours au système hybride améliore le contrôle glycémique et réduit le risque d'hypoglycémie au sein d'un large éventail de diabétiques de type 1 d'âge varié, ce qui plaide en faveur de l'adoption de cette technologie en pratique clinique pour tous les groupes d'âge.

Dr Jean-Claude Lemaire. ESAD 2018, Berlin 1-5 octobre

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