Tests : l'OMS veut vacciner 360.000 enfants africains contre le paludisme

24/04/17 à 14:46 - Mise à jour à 14:46

Le vaccin antipaludique le plus avancé, mais à l'efficacité limitée, va être testé pour la première fois à grande échelle au Kenya, au Ghana et au Malawi, a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la santé, qui ambitionne d'y vacciner au moins 360.000 enfants au total entre 2018 et 2020. L'IMT constate de son côté des centaines de Belges infectés lorsqu'ils retournent au pays.

Tests : l'OMS veut vacciner 360.000 enfants africains contre le paludisme

© BELGAIMAGE

L'Afrique est de très loin le continent le plus touché par le paludisme, comptant pour 92% des 429.000 personnes tuées dans le monde en 2015 par cette maladie transmise par des moustiques et également appelée malaria, selon des chiffres de l'OMS. Les enfants de moins de cinq ans représentent plus des deux tiers de ces décès.

Mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) en partenariat avec l'ONG Path malaria vaccine initiative, le vaccin Mosquirix (aussi appelé RTS,S) a été créé pour les enfants en bas âge.

Combiné avec des méthodes de diagnostic, traitements et mesures de prévention éprouvées, telles les moustiquaires imprégnées de répulsifs anti-moustique, "ce vaccin pourrait sauver des dizaines de milliers de vies en Afrique", a déclaré à l'AFP Matshidiso Moeti, directrice Afrique pour l'OMS.

Le projet pilote doit notamment permettre d'évaluer l'efficacité du vaccin "dans le contexte d'un usage routinier" ainsi que les éventuels obstacles logistiques, selon Mme Moeti. Il s'agira notamment de sensibiliser les parents à un nouveau cycle de vaccination qui ne correspond pas au cycle traditionnel de vaccination des enfants (DTP, rougeole, etc).

Quatre doses du vaccin doivent être inoculées à l'enfant: lorsqu'il est âgé de 5 mois, 6 mois, 7 mois et 2 ans.

Le Mosquirix, qui avait reçu en juillet 2015 un avis positif de l'Agence européenne du médicament (EMA), n'empêche pas toute infection par le parasite plasmodium, responsable de la maladie. Il permet surtout de réduire de 40%, et ce pendant une période d'au moins quatre ans et demi, le nombre d'épisodes paludiques, selon des tests menés sur 15.000 personnes entre 2009 et 2014.

327 voyageurs belges infectés

Le nombre de nouveaux cas de paludisme a baissé de plus de 20% dans le monde entre 2010 et 2015 tandis que le nombre de décès est passé, quant à lui, de près d'un million à moins de 500.000 par an. De plus en plus de voyageurs belges contractent cependant la maladie - 327 cas l'an dernier - et certains ont, pour la première fois, rechuté après avoir reçu le traitement standard contre la malaria, ce qui pose la question d'une éventuelle résistance aux médicaments, indique lundi l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) d'Anvers à la veille de la Journée mondiale du paludisme. Si le paludisme régresse dans le monde, il devient de plus en plus fréquent chez les voyageurs belges, poursuit l'IMT qui a observé au cours des cinq dernières années une légère augmentation du nombre de cas diagnostiqués. On est ainsi passé de 215 cas de malaria en 2012 à 327 en 2016. Environ 9 cas de paludisme sur 10 ont été contractés en Afrique.

Une part non négligeable des contaminations concerne les personnes d'origine africaine ayant perdu leur immunité partielle et qui se rendent dans leur pays d'origine, ajoute l'IMT.

L'IMT a été confronté l'an dernier aux premiers cas de rechute chez des patients qui avaient reçu le traitement standard. Les médecins cherchent actuellement à déterminer les raisons de cet échec qui peut résider soit dans une mauvaise absorption de la médication soit dans une forme de résistance face au traitement mais cette dernière hypothèse n'a pas encore pu être vérifiée.