Ri De Ridder (ex-Inami) prend la présidence de Médecins du Monde

06/08/18 à 09:57 - Mise à jour à 09:55

Le Dr Ri De Ridder, étiqueté SP.A, créateur de la première maison médicale en Flandre, conseiller de plusieurs ministres de la Santé publique et directeur général du Service des soins de santé de l'Inami pendant 12 ans prend la présidence de Médecins du Monde (MdM). " C'est n'est pas emploi mais un engagement ", dit-il.

Ri De Ridder (ex-Inami) prend la présidence de Médecins du Monde

© BELGA

" Les centres de santé de MdM reçoivent depuis longtemps un soutien structurel de la part de l'Inami. En 2014, MdM et l'Inami ont travaillé conjointement à la création du Livre Vert qui faisait un état des lieux de l'accès aux soins dans notre pays, et du Livre Blanc contenant une série de recommandations pour accroitre cet accès. "

Inclusion

Ri De Ridder se sentira donc comme chez lui à MdM et à plusieurs titres, notamment sur le plan de l'inclusion, un concept qu'il a développé à l'Inami également. " La première question qu'une assurance-maladie devrait se poser est : sommes-nous suffisamment inclusifs ? Faisons-nous en sorte que personne ou en tout cas que le moins de personnes possibles ne soient exclues ? C'est la raison pour laquelle je me suis battu au sein de l'Inami pour la protection des maladies chroniques et pour le tiers payant. Pour moi, cette présidence est la suite logique : Médecins du Monde se bat pour que tout le monde ait accès aux soins de santé, également pour les personnes qui n'ont pas d'argent, ou qui n'ont pas de papiers. L'idée que les personnes les plus vulnérables doivent aussi avoir le droit de consulter un médecin devrait être une évidence, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Pourtant, le droit aux soins de santé est un droit fondamental. Nous ne pouvons pas l'oublier. "

L'inclusion ne peut s'imaginer sans une simplification du système pour améliorer son accessibilité pour les publics hors-normes : les personnes vivant dans la pauvreté, les personnes sans abri, les demandeurs d'asile, les personnes sans papier, les prisonniers.

Pour chacun d'entre eux existe un système de couverture de soins différent et souvent semé d'embûches. " Tous ces systèmes différents coutent énormément d'argent à notre société, sont inefficaces et ne sont de surcroit pas un cadeau pour la santé publique. Et pourtant ils continuent d'exister, et il s'agit là d'un choix politique. Une simplification est un besoin urgent. J'en ferai mon combat durant la présidence que je vais assumer ces prochaines années. "

Médicaments innovants et coûteux

Ri De Ridder estime en outre que la politique belge du médicament n'est pas tenable sur le long terme : " Des pays prospères qui ont une sécurité sociale forte comme la Belgique paient des sommes exorbitantes pour des produits pharmaceutiques innovants. À cause du système de brevets et du fait que le secteur assure une activité économique, l'industrie pharmaceutique se trouve dans une situation de monopole très confortable et nous sommes obligés, en tant que pays, de respecter les prix démesurés imposés par ces sociétés cotées en bourse. En effet, notre pays paie plusieurs dizaines de milliers d'euros par personne pour certains médicaments, avec des marges gigantesques pour les producteurs. En tant qu'ancien directeur général de l'Inami, je sais que ce système n'est pas viable plus longtemps. "

Enfin, il se positionne contre les exclusions de soins par exemple pour les fumeurs ou les personnes obèses, une pente glissante selon lui adoptée par les politiques de santé dans les pays développés.