Dr Alain De Wever
Dr Alain De Wever
Professeur émérite de l'Ecole de santé publique de l'ULB
Opinion

17/05/18 à 06:00 - Mise à jour à 14:29

Privé/public : cela a-t-il encore un sens à l'époque des réseaux ?

La notion d'hôpital privé n'a jamais eu beaucoup de réalité en Belgique par rapport à l'Allemagne, la France ou l'Italie sans parler des USA en raison du fait que, depuis la loi sur les hôpitaux de 1963, le financement des investissements et du fonctionnement des hôpitaux est resté identique que l'hôpital soit public ou privé. Tout bénéfice hospitalier ne peut en aucun cas être redistribué à des actionnaires mais doit être réinvesti pour la qualité du service rendu.

Privé/public : cela a-t-il encore un sens à l'époque des réseaux ?

© CHRISTOPHE KETELS / BELGAIMAGE

Seules les interventions des pouvoirs publics régionaux ou locaux dans les investissements et dans la prise en charge des déficits différencient les institutions publiques des institutions privées (...)

En réalité, la différence fondamentale se situe dans le statut du personnel et dans la structure de gestion.

Le statut du personnel nommé dans le secteur public a depuis longtemps fait l'objet de remises en question favorisant les relations contractuelles telles qu'appliquées dans le secteur privé mais des dispositions légales récentes ont favorisé à nouveau les nominations statutaires indestructibles.

La rivalité entre syndicats et pouvoirs organisateurs du secteur privé et du secteur public a consacré la différentiation des statuts et découragé le rapprochement des secteurs principalement en Belgique francophone (voir Namur récemment - lire page 4).

Ayant eu la chance, dans ma vie, de diriger des hôpitaux publics et privés, j'ai pu observer les différences mais surtout les valeurs communes de ces hôpitaux à vocation identique mais à pouvoir de gestion différents.

Les qualités professionnelles de ces entités différentes ne sont jamais influencées par leur statut (...). La qualité de la médecine pratiquée, l'accueil des patients, le niveau médico-technique et surtout les résultats en matière d'efficacité dans la lutte contre les pathologies ne résultent pas de la différence de statut (...)

L'influence politique partisane des mandataires publics peut [toutefois] ralentir les procédures mais il faut remarquer que, très récemment, cette donnée est en train de se réduire par l'apport de directions moins influençables et très compétentes ainsi que de la mise en place de procédures de recrutement identiques à celles utilisées dans les entreprises privées (...)

Les réseaux hospitaliers sont devenus indispensables pour offrir un meilleur accueil aux patients dans des structures bien équipées et expérimentées dans les traitements de pathologies dont la quantité est indispensable pour assurer une garantie de qualité mais aussi pour réaliser des économies d'échelle dans la logistique hospitalière et les services indispensables comme la pharmacie et les laboratoires de biologie clinique et d'anatomopathologie.

Il n'y a pas de raisons objectives pour ne pas initier de collaborations entre hôpitaux publics et privés au sein d'un seul réseau. (Tournai est une réussite) (...)

L'obstacle en Wallonie et surtout en région Bruxelloise est juridique empêchant les entités publiques d'entrer non majoritairement dans les entités mixtes ou privées.

Cela ne doit pas réduire la volonté de collaborer et de suivre des initiatives de directions ou de corps médicaux en commençant par des associations spontanées approuvées par la région (Tivoli-Ambroise Paré) porteuses d'espoir et de collaborations raisonnables et raisonnées au service des patients.

Namur nous montre l'exemple à ne pas suivre alors que tout était médicalement possible et constructif. Des positions de principe partisanes conduisent à l'échec que j'espère momentané (...)

Retrouvez l'intégralité de cette chronique sur: http://www.lejournaldumedecin.com/opinion-analyse/

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