Oui, la pénurie guette la Wallonie

28/09/17 à 22:30 - Mise à jour à 18:52

La rentrée parlementaire coïncide avec la première d'Alda Greoli en Commission santé. La pénurie des médecins généralistes, thème récurrent dans la presse écrite et dans les débats politiques ces dernières semaines, était au menu de l'hémicycle pour l'occasion. Alors, la pénurie, c'est vrai au final ? Et quid de la situation en Wallonie ?

Oui, la pénurie guette la Wallonie

© BELGA

N'en déplaise au Fédéral et à la Flandre, la pénurie des médecins généralistes est un fait. En tout cas en Wallonie, seule entité à disposer d'un cadastre et donc d'une méthodologie pour vérifier cette pénurie. Il ne s'agit donc pas d'un problème organisationnel propre au sud du pays. " Le cadastre réalisé par l'Aviq pour l'année 2016 confirme en effet que le problème de pénurie est important en Wallonie ", explique la ministre wallonne de la Santé. " Si l'on considère le nombre de généralistes en équivalents temps plein actifs en Wallonie, il y aurait en 2016, 121 communes wallonnes en pénurie de médecins généralistes (moins de 90 médecins généralistes actifs/100.000 habitants). Cette pénurie touche toutes les provinces. "

Selon ce cadastre, cette pénurie est bien réelle et n'est pas due à une mauvaise répartition des médecins entre les communes car si en effet, quelques communes ont une densité (en ETP) supérieure à 150 médecins par 100.000 habitants, ce n'est pas parce qu'il y a pléthore de médecins dans ces communes, mais parce que ce sont de petites communes avec 2 ou 3 médecins en sus. " Même si ces médecins décidaient d'aller s'installer dans des communes en pénurie, cela ne pourrait compenser le manque de médecins dans les 121 communes concernées ", ajoute Aldea Greoli.

" Un tel cadastre, basé sur les adresses des cabinets des médecins et non pas sur les adresses de leur domicile, n'a à notre connaissance pas été réalisé en Flandre. Il n'est donc pas possible de dire s'il y a ou non pénurie en Flandre, en tout cas sur base d'une méthodologie identique d'évaluation des densités médicales par commune ", conclut sur ce sujet la ministre.

Les causes du mal wallon

Rien de nouveau sous le soleil : si la pénurie s'aggrave en Wallonie, c'est dû au vieillissement de la population des médecins, combiné au non remplacement des MG qui prennent leur pension ou optent pour une réorientation professionnelle.

La situation risque d'ailleurs de s'aggraver. 40 communes sont à risque de pénurie, voire de pénurie grave si un seul médecin actuellement actif cessait d'exercer sans être remplacé.

" L'avis de la commission de planification n'a pas été pris en compte, de même que celui du conseil d'État ", regrette la nouvelle ministre. " Je continuerai en tout cas de sensibiliser le fédéral sur base des besoins qui sont clairement objectivés en Wallonie. "

Des remèdes wallons

Le Gouvernement wallon ne reste pas bras croisés devant la situation et a adopté en juillet 2016 une note cadre comportant un ensemble de mesures pour inciter de nouveaux médecins à venir s'installer dans les communes en pénurie. Il s'agit notamment du maintien de la prime à l'installation dans des zones de pénurie, et de l'augmentation de la prime dans les zones en pénurie grave, Impulseo I et de la création de binôme médecins/infirmier (Assisteo). Concernant Assisteo, un groupe de travail a été constitué avec les représentants des infirmiers et des médecins généralistes afin de co-construire le modèle. Il a été décidé de mener une recherche action avec des expériences pilotes qui se déclinent dans différentes configurations et qui permettra de mettre en place un processus participatif. " Les conclusions finales me permettront d'implémenter le dispositif ", ponctue Alda Greoli.

Le soutien à la croissance des maisons médicales est un autre aspect de la volonté du Gouvernement qui est repris dans la note cadre. " Je puis vous assurer que l'octroi d'agrément aux associations de santé intégrée (ASI) se poursuit en fonction des demandes et des disponibilités budgétaires ", assure la ministre wallonne. " Six nouvelles ASI ont été agréées en 2017 et 12 demandes ont été introduites au 1er août 2017 en vue d'un agrément en 2018. L'analyse de la recevabilité des dossiers est en cours au sein de l'Aviq, et un rapport me sera transmis pour la fin du mois de novembre. " Avant de glisser un tacle à Maggie De Block : " Là aussi, je suis interpellée par le moratoire décidé par la Ministre fédérale de la Santé publique concernant l'agrément des ASI au forfait. "