Les recruteurs perçoivent les femmes transsexuelles comme en moins bonne santé

17/05/18 à 16:16 - Mise à jour à 16:16

Des chercheurs avaient précédemment conclu que, sur le marché de l'emploi, les transsexuels, et plus particulièrement les femmes transsexuelles, sont davantage discriminés que les personnes holebi (homosexuels, lesbiennes et bisexuels). Une doctorante et un professeur de l'université de Gand (UGent) ont désormais cherché à comprendre les raisons d'un éventuel traitement moins favorable des femmes transsexuelles par les recruteurs.

Les recruteurs perçoivent les femmes transsexuelles comme en moins bonne santé

© xavier de torres/MAXPPP

Une conclusion importante est ressortie de leurs recherches: celle que le groupe des transsexuels fait l'objet de discrimination statistique. Du peu d'informations disponibles sur un CV, les recruteurs ont tendance à déduire d'autres caractéristiques, entachées de préjugés parfois négatifs. Dans le cas des femmes transsexuelles, nées dans un corps au sexe masculin, un préjugé en particulier a été mis en avant par la doctorante Hannah Van Borm et le professeur Stijn Baert: elles seraient perçues comme moins "saines" (en moins bonne santé) que les autres candidates potentielles. Elles bénéficient en revanche également de préjugés positifs, qui "compensent" le premier constat dans le cadre de l'étude: ceux d'être autonome et d'avoir de l'assurance ("assertive"), soit "deux caractéristiques typiquement masculines", écrivent les deux auteurs dans un article préparé pour l'"International Journal of Manpower".

L'expérience menée par les chercheurs démontre que les chances d'embauche, pour les femmes transsexuelles, sont étroitement liées à ces préjugés. Si les recruteurs semblent par ailleurs craindre que les clients ou les collègues n'apprécient pas, ou apprécient moins, de travailler avec une femme transsexuelle, cette pensée n'apparait pas comme déterminante dans leur décision finale d'embauche.

L'expérience a été menée auprès de 310 étudiants finissant leurs études en lien avec la gestion des ressources humaines, dans des universités et hautes écoles anversoises. Ces "recruteurs de demain" étaient confrontés à une situation fictive dans laquelle ils devaient évaluer des CVs, dans l'optique d'une embauche pour trois postes définis. Certains CVs appartenaient à des femmes qui mentionnaient clairement être nées avec un prénom différent, masculin.