Les jeunes francophones en assez bonne santé

23/05/17 à 11:00 - Mise à jour à 11:47

Source: Le Journal Du Médecin

L'enquête "Comportements, bien-être et santé des élèves" est menée tous les quatre ans auprès d'un peu moins de 15.000 élèves de la 5e primaire à la 6e-7e secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle correspond au "Health Behaviour in School-aged Children" (HBSC) à laquelle participent plus de 40 pays ou régions, sous le patronage de l'OMS.

Les jeunes francophones en assez bonne santé

© © lev dolgachov

Depuis 2002, cette large enquête est coordonnée chez nous par le Service d'information promotion éducation santé (Sipes) de l'École de santé publique de l'ULB. L'enquête publiée cette semaine porte sur 2014. Longue de 324 pages, elle est censée axer une vraie politique de santé envers les jeunes.

En 2014, 8 jeunes sur 10 se perçoivent en excellente (30%) ou bonne (48%) santé. Les élèves du primaire s'estiment en meilleure santé que ceux du secondaire (40%/27%). Cette perception est stable depuis 2002. Les filles s'estiment légèrement en moins bonne santé que les garçons. L'écart se creuse en 5e secondaire. La perception négative reste associée au genre, au manque d'aisance matérielle, à la structure familiale au détriment des familles recomposées ou monoparentales et au fait d'être dans l'enseignement technique ou professionnel. Cette perception négative est supérieure à la moyenne internationale et à la Flandre.

Parmi les symptômes de "mauvaise santé" rapportés figurent en premier : les difficultés de dormir et la nervosité (31 et 29%), la mauvaise humeur (24%) et les maux de tête. Vertiges et maux de l'estomac sont moins rapportés (10 et 13%). La nervosité et la déprime sont des sentiments rapportés en hausse en 2014 par rapport à 2010. La proportion de jeunes rapportant des symptômes multiples fréquents augmente en 2014 uniquement dans l'enseignement secondaire. Ils sont associés au manque d'aisance matérielle.

Consommation de médicaments

Un chapitre qui intéressera particulièrement médecins et pharmaciens est la consommation de médicaments.

Une liste de médicaments a été proposée au panel (contre les maux de tête, maux de ventre, maux d'estomac, asthme et allergie, difficulté à s'endormir, nervosité, anxiété). Les analgésiques sont les plus consommés. Un jeune sur deux (47%) a consommé au moins une fois depuis un mois des analgésiques et quatre sur dix des médicaments contre les maux de ventre. Viennent ensuite les anti-allergéniques. Concernant les céphalées, la prise de médicament est en baisse en 5e et 6e primaire depuis 1994. Les filles soulagent davantage leurs maux de ventre et d'estomac que les garçons (55% vs 30%) et d'autant plus en 1ère secondaire qu'en 5e primaire. Près d'un jeune sur huit dit consommer des anxiolytiques et des calmants (évolution stable depuis 2010). "En 2014, environ un jeune sur six rapporte avoir consommé des médicaments contre l'asthme ou une allergie au moins une fois au cours du dernier mois. Cette proportion est plus élevée chez les filles. Parmi ces dernières, la consommation de ces médicaments augmente en 4e secondaire pour se stabiliser ensuite."

Bien que huit jeunes sur dix s'estiment, dans leur contexte et leur environnement, en bonne santé en FWB, celle-ci présente une proportion plus élevée en comparaison des autres pays étudiés d'adolescents s'estimant en mauvaise santé. A l'étranger, on a constaté que la perception négative de sa santé était corrélée à l'obésité (Allemagne), aux problèmes psychosomatiques (Norvège) ou encore au faible attachement à la famille (Angleterre). "Les résultats concernant la consommation de médicaments montrent que les antidouleurs restent les médicaments les plus fréquemment consommés en FWB parmi les jeunes."