La prévention combinée pour réduire le nombre d'infections par le VIH

10/07/17 à 16:52 - Mise à jour à 16:52

Les experts médicaux de plusieurs centres de traitement pour le VIH belges se sont associés à des économistes de la santé et ont estimé que l'introduction de la prévention combinée pourrait réduire de moitié le nombre annuel de nouvelles infections par le VIH d'ici 2030. Cela pourrait entraîner une économie immédiate de 33,7 millions d'euros dès 2030.

C'est ce qu'annoncent dans un communiqué les Pr Lieven Annemans (UGent) et le Pr Jean-Christophe Goffard (ULB Erasme), deux des auteurs du modèle BELHIVPREV, paru dans Acta Clinica Belgica

La prévention combinée repose sur une forme tridimensionnelle de prévention.

Aussi, en plus de l'utilisation du préservatif classique, prendre préventivement certains médicaments antirétroviraux avant un rapport sexuel avec une personne séropositive permet d'éviter une contamination par le VIH (dans le jargon, cela s'appelle la PrEP ou Prophylaxie Pré-exposition). De plus, un traitement rapide d'une personne séropositive peut diminuer la charge virale du VIH dans le sang de sorte que le virus ne soit plus transmis en cas de contact sanguin ou sexuel (cela s'appelle TasP ou "Treatment as Prevention (Traitement comme prévention)"). Enfin, de nombreuses personnes séropositives ne sont pas conscientes de leur contagion, ce qui entraîne une propagation de l'épidémie du VIH en cas de comportement à risque. Rechercher activement les personnes infectées par le VIH et commencer un traitement antirétroviral permet d'endiguer un peu plus le VIH (c'est qu'on appelle l'outreach).

Le Professeur Annemans, économiste de la santé à l'Université de Gand, a calculé au moyen d'un modèle que la prévention combinée du VIH -à savoir l'introduction de la PrEP, du TasP et de l'outreach- pourrait résulter d'ici 2030 en une diminution de moitié du nombre d'infections par le VIH. Cela signifie en soi que rien qu'en 2030, une économie de 33,7 millions d'euros sera réalisée.

"Notre analyse montre qu'investir dans la prévention entraînera probablement un coût initial mais que, dans tous les cas, cet investissement sera récupéré. Ne rien faire n'est évidemment pas une option", estime le Professeur Annemans.

"L'étude que nous publions aujourd'hui est le résultat d'une collaboration entre des spécialistes de nos centres de référence SIDA et plusieurs économistes de la santé renommés. Nous avons modélisé l'impact de la politique de prévention combinée en Belgique et ainsi calculé l'effet d'une politique volontariste de santé publique qui diminuerait le nombre d'infections par le VIH dans notre pays. Si cette politique était appliquée, elle symboliserait une grande avancée dans le maintien sous contrôle de l'épidémie du VIH dans les cinq années à venir ", ajoute le Professeur Jean-Christophe Goffard du Centre de référence SIDA ULB-Erasme.

Notons par ailleurs que la PrEP est remboursée depuis le 1er juin pour les adultes non infectés mais à haut risque d'infection par voie sexuelle.

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