La pénurie en médecine générale confirmée?

04/09/17 à 09:47 - Mise à jour à 09:55

A politique inchangée, la Belgique francophone pourrait voir sa densité de médecins généralistes diminuer de moitié au cours des 20 prochaines années, peut-on lire lundi dans une grande enquête du Soir qui s'intéressera toute la semaine à vous, médecins généralistes. Pour le quotidien, le numerus clausus est un dogme qui va tuer vendredi prochain quelques centaines de vocations alors que les pénuries de MG se précisent tant dans les villes que les campagnes.

Avis aux médecins généralistes : le quotidien francophone propose une large enquête sur votre spécialité et surtout sur son avenir grevé par les problèmes éternels de pénurie qui "s'étendrait partout en ruralité comme en ville". Le Soir prend le parti d'accuser le gouvernement d'inconséquence dans sa volonté de maintenir un numerus clausus qui aggrave les pénuries et qui, vendredi prochain, via l'examen d'entrée, "tuera dans l'oeuf quelques centaines de vocation". "Faut-il se résigner", écrit Frédéric Soumois, "à importer cyniquement des diplômés du Maghreb ou des Pays de l'Est, à forcer les médecins à l'exil parce que nous avons voulu à tout prix créer une pénurie absurde?"

En effet selon le "scénario de base" de la Commission de planification, en 2037, la Belgique francophone ne pourra plus compter que sur la moitié de sa force de travail actuelle en médecins généralistes, soit 5,09 ETP par 10.000 habitants, pour 9,9 médecins ETP par 10.000 habitants en 2012. Pendant ce temps, la Flandre qui part de bien plus haut, glissera de 12,03 ETP par 10.000 habitants en 2012 à 7,94 ETP, soit une baisse de 34%.

Ces données intègrent l'entrée dans le monde du travail des fameux étudiants francophones surnuméraires qui, de 2007 à 2015, ont échappé à toute tentative de filtre au grand dam de la Flandre, note le quotidien, qui relève les critiques de plus en plus marquées envers le système belge de planification des ressources médicales.

Pour Sabine Stordeur, experte au KCE, cependant, on observe toujours trop de MG dans les villes. Elle estime les quotas "ridicules" si en parallèle, les frontières sont totalement ouvertes aux médecins étrangers ou formés à l'étranger. Mais "ouvrir toutes les fenêtres n'aurait aucun sens" puisque la MG reste toujours une spécialité peu attractive dans le cursus médical. "Il est temps de réfléchir à une activité rationnelle qui offirait plus de souplesse pour les étudiants belges".