La peine de mort du médecin iranien suspendue

24/01/18 à 10:41 - Mise à jour à 10:44

INTERNATIONAL : La peine de mort à laquelle le professeur de la VUB, Ahmadreza Djalali, a été condamné en Iran est suspendue jusqu'à ce que la Cour suprême iranienne ait mené d'autres enquêtes, confirme l'avocat belge Zouhaier Chihaoui. Le cas d'Ahmadreza Djalali a suscité des réactions internationales notamment de la Belgique. Le mois prochain, un juge de la Cour suprême doit se pencher sur le dossier. "Nous espérons que la peine sera annulée", a déclaré l'un des avocats de Djalali, Zeinab Taheri, au Centre des droits de l'homme en Iran.

La peine de mort du médecin iranien suspendue

© Anadolu Agency

"Le dossier de mon client fait actuellement l'objet d'une enquête par un procureur adjoint et son assistant, responsables de l'exécution des jugements", explique Zeinab Taheri. "Tous deux ont formulé des objections similaires à celles d'Ahmadreza Djalali."

L'avocat remarque également l'inquiétude du personnel médical de la prison d'Evin, où Ahmadreza Djalali est détenu. Le médecin urgentiste estime que l'accusé, âgé de 45 ans, a besoin de soins médicaux à l'extérieur de l'hôpital pour examiner une "potentielle tumeur". Cependant, le juge en charge de l'enquête, Abolqasem Salavati, a rejeté la requête à maintes reprises. "Malheureusement, Ahmadreza Djalali ne se porte pas bien", ajoute son avocat. "Il mange mais continue à maigrir. Il est lui-même médecin et dit qu'il est possible qu'une tumeur se soit développée dans son tube digestif."

Ahmadreza Djalali, qui a vécu en Suède et également enseigné à la VUB, nie les activités d'espionnages dont il est accusé. Dans une lettre adressée au juge, Sadegh Larijani, plus tôt dans le mois, Ahmadreza Djalali explique qu'il n'a jamais travaillé avec le Mossad. "Aucune preuve n'a d'ailleurs été fournie à ce sujet, à aucun moment du procès."

Djalali a été reconnu coupable d'espionnage et d'implication dans la mort de deux scientifiques nucléaires, après avoir avoué sous la torture psychologique et physique.

Un collègue et médecin de l'UZ, Gerlant Van Berlaer, ne veut pas encore parler de suspension de l'affaire. "C'est trop audacieux", déclare-t-il. "le dossier bouge. Il faut que les politiques continuent de mettre la pression pour qu'il n'y ait plus qu'à demander grâce."