La ministre Greoli prévient le Dr Bouillon : " pas question que l'argent public serve à des fins de campagnes électorales "

20/09/18 à 14:25 - Mise à jour à 14:24

Le projet Lagardère (lire notre article ici) cher au Dr David Bouillon ne passe pas auprès de tout le monde. Certains y voient un outil de campagne, à l'instar de Patrick Prévot, député wallon de l'opposition (PS). La ministre wallonne de la Santé veille, assure-t-elle, à la bonne utilisation des deniers publics.

La ministre Greoli prévient le Dr Bouillon : " pas question que l'argent public serve à des fins de campagnes électorales "

Le projet Lagardère a reçu un subside de 30.000 euros sur base d'arrêté ministériel. " Le projet a projet a reçu un soutien en raison de sa pertinence, afin d'en tester la faisabilité et son impact concret sur le terrain ", assure Alda Greoli, qui souligne le bienfondé du projet. " Dans le cas présent, le projet porte sur le développement d'une pratique novatrice en médecine générale, qui consiste à se rendre au chevet des plus démunis pour leur donner un accès direct à une prise en charge médicale ou infirmière ", souligne la ministre. " L'accès à la première ligne de soins est un élément essentiel pour ce public, afin de contrer les inégalités de santé. C'est dans ce cadre-là que le soutien a été décidé, pour ma part. Un autre aspect intéressant du projet est la collaboration entre un médecin et un infirmier. Nous menons actuellement une recherche sur les freins et les leviers relatifs à cette nécessaire collaboration entre professionnels de la santé qui se rendent au domicile des patients. "

Irresponsable, inconcevable, inacceptable

" Ce véhicule mobile semble également servir de support électoral à la liste montoise 'Mons en mieux' ", fulmine le député Patrick Prévot. " En effet, on y voit non seulement des affiches électorales représentant des candidats de Mons, dont le porteur de projet, M. Bouillon, mais également son chef de file, Georges-Louis Bouchez, mais on peut également y voir un slogan détourné " Santé en mieux ". Ne pensez-vous pas qu'il y a là, à tout le moins, un problème éthique majeur à relever ? "

Partager

Alda Greoli: "Il n'est pas question que l'argent public serve à des fins de subventionnement ou des campagnes électorales. "

La ministre, sans preuve, s'est contentée s'assurer que la subvention soit correctement utilisée. Elle n'imagine d'ailleurs pas un instant que l'argent soit détourné à des fins électorales. " Il m'est évidemment tout à fait impossible d'imaginer - et ce serait tout à fait irresponsable et tout à fait inacceptable en matière d'éthique - que le véhicule que nous avons, dans le cadre de ce projet subventionné, serve à des fins électorales. "

" Afin de m'assurer que l'argent de cette subvention n'a pas été utilisé à des fins électorales, j'ai demandé à mon administration d'envoyer un courrier au porteur du projet, lui rappelant le bon usage de la subvention. Je ne manquerai pas de prendre connaissance des suites qui auront été données à ce courrier, parce qu'effectivement, il n'est pas question que l'argent public serve à des fins de subventionnement ou des campagnes électorales. "

" Une personne problématique "

Patrick Prévot n'en démord toutefois pas. " On est face, selon moi, à un grave problème éthique où une personne se sert de fonds publics pour en faire un porte-drapeau d'une liste électorale sur laquelle il figure pour en faire un panneau publicitaire mobile et se sert de cela pour aller voir les personnes les plus isolées, les plus précarisées."

Le député dépeint le Dr Bouillon comme une " personne quand même problématique. Elle l'a prouvé par le passé, elle le prouvera peut-être à l'avenir - je ne peux pas préjuger d'autres dossiers - mais cela me pose vraiment problème. "

Patrick Prévot demande enfin de la fermeté à l'égard du médecin. " Je vous ai montré tout à l'heure - cela, vous êtes non suspecte dans le dossier - une des vidéos où il vous citait nommément, comme soutenante de ce dossier. Ce n'est donc pas bon pour vous non plus. Je vous demande donc de faire preuve de la plus grande fermeté par rapport à cela. On ne peut pas supporter, on ne peut pas concevoir que de l'argent public serve à financer ou, en tout cas, à promouvoir une liste locale, quelle qu'elle soit. " Un conseil ou une menace ?