L'Ordre se penche sur les médecins surchargés (de patients) dans certaines régions

30/10/18 à 11:34 - Mise à jour à 11:56

Le Conseil national de l'Ordre des médecins a examiné, dans un avis publié ce mardi, les conditions dans lesquelles un médecin généraliste ou un groupe de médecins peut refuser, temporairement ou définitivement, l'accueil de nouveaux patients. Ceci fait suite à une enquête de terrain sur tout le territoire belge avec la collaboration des cercles de MG qui a conclu à des dichotomies locales en termes de volume de patientèles et des surcharges dans certaines régions.

L'Ordre se penche sur les médecins surchargés (de patients) dans certaines régions

© BELGAIMAGE

Le Conseil national précise que " le médecin, en particulier s'il est détenteur du DMG, doit organiser la continuité de sa pratique de sorte que lui-même ou son remplaçant puisse répondre aux demandes des patients endéans un délai raisonnable. La continuité des soins doit être assurée pendant les heures habituelles de pratique, légalement définies du lundi au vendredi de 08.00 à 18.00 heures, sauf les jours fériés légaux. "

Dans le cas où le médecin s'estime surchargé, l'article 10 du Code de déontologie médicale lui permet " de maintenir un équilibre entre ses activités professionnelles et sa vie privée ". Sinon, la qualité des soins en pâtit.

Cette surcharge peut provenir d'une situation locale ou régionale de manque de MG. Dans ce cas, le risque existe que " la défection des médecins surmenés augmente en outre la pression de travail sur les autres confrères ".

Réorientation

Lorsqu'il est décidé d'appliquer une limitation de pratique ou de refuser d'accueillir de nouveaux patients, " il faut prévoir une réorientation de ceux-ci selon un plan préalablement établi ", précise l'Ordre." Les patients doivent être convenablement informés tant du type de limitation de pratique et du refus d'accueil de nouveaux patients que des possibilités de réorientation (article 32 du CDM 2018). "

Le Conseil national constate " que de nombreux cercles de médecins généralistes s'occupent activement de ce problème. Certains cercles établissent des listes de cabinets qui acceptent de nouveaux patients, d'autres organisent l'assignation d'un quartier ou de rues à un cabinet défini dans lequel les patients " sans médecin généraliste " peuvent se rendre ".

Le Conseil national constate aussi que les acteurs concernés (AFMPS, SSMG, FAMGB, etc.) " élaborent, avec les autorités, différentes stratégies pour encourager les jeunes médecins généralistes à venir s'installer de préférence dans des régions manquant de médecins ".

Le CN compte sur le fait que les initiatives telles aides administratives, allègement administratif et empowerment des patients puissent alléger la barque...