IST: les jeunes décapotés

20/09/18 à 15:44 - Mise à jour à 15:52

Le diagnostic des infections sexuellement transmissibles (IST) est monté en flèche en 2016 et ce, pour les trois régions du pays. Une progression qui trouve son origine dans la propension au dépistage. La Plateforme prévention sida et Sciensano appellent à l'usage systématique du préservatif et au dépistage fréquent.

IST: les jeunes décapotés

© Jörg Carstensen/dpa

En 2016, une augmentation des diagnostics d'IST a été enregistrée pour les trois régions de Belgique. Il ne s'agit pas d'une épidémie mais d'une inclination de la population à se faire dépister plus régulièrement.

La Plateforme prévention sida et Sciensano recommandent l'utilisation automatique du préservatif féminin ou masculin et le dépistage régulier. Sciensano analyse l'évolution des IST depuis 2002 en Belgique en se basant sur les données issues de laboratoires d'analyses médicales.

Le préservatif, ce mal aimé

La contamination est intrinsèquement liée aux relations sexuelles sans préservatif. Le journal du Médecin a mené une petite enquête, à titre d'illustration, en distribuant un questionnaire sur l'utilisation du préservatif lors de rapports sexuels. Par rapports sexuels il faut comprendre: pénétration vaginale, anale, caresse/masturbation sexe contre sexe, fellation, cunnilingus et anulingus. Nous avons choisi d'interroger un échantillon de 20 personnes: dix femmes et dix hommes, de nationalité belge, entre 18 et 30 ans. Tous les répondants étaient d'orientation hétérosexuelle.

Parmi les dix femmes interrogées, six ont déjà eu des relations sexuelles sans préservatif. Du côté des hommes, un seul répondant sur 10 fait usage du préservatif à chacun de ses rapports sexuels.

En général, les répondants ont justifié la non-utilisation du préservatif par:

- L'oubli

- La préférence

- De meilleures sensations sans préservatif

- La confiance mutuelle entre les partenaires

- Une relation de longue durée

- Pas de préservatif à disposition lors de l'acte

- Le dépistage préalable

- Le partenaire fixe

- Ne pas avoir envie d'utiliser le préservatif

La plupart des répondants affirment avoir un partenaire fixe qui lui même ne multiplie pas les partenaires.

Chlamydia, Gonorrhée et Syphilis

En Belgique, les femmes entre 15 et 29 ans sont touchées en première ligne par la chlamydia. Cette IST peut mener à des problèmes de fertilité, lorsqu'elle n'est pas traitée. Cette infection demeure la plus diagnostiquée dans notre pays. En 2016, il s'agissait de 6.788 cas contre 988 en 2002. Des chiffres indicateurs de la tendance au dépistage.

La gonorrhée quant à elle touche plus largement les hommes entre 20 et 39 ans. 1.515 cas sont enregistrés en 2016.

943 cas de syphilis, c'est le constat pour la même année. Cette infection place les hommes en première ligne en touchant principalement ceux de plus de 20 ans, toutes catégories d'âges confondues.

La plupart du temps, les patients infectés ne manifestent aucun signe. En outre, l'infection par une première IST peut en engendrer une autre. Même si l'inclination au dépistage est indéniable, La Plateforme prévention sida encourage les patients à demander un test à leur MG. Pour cette plateforme, le rôle des MG est cruçial car il peut proposer naturellement le dépistage aux patients.

Récidivistes invétérées, ces infections réapparaissent souvent. D'après Sciensano, 10 à 20 % des personnes infectées par la chlamydia ont été réinfectées dans les six mois. On observe également des infections à répétition chez 2,5 à 10 % des personnes touchées par la syphilis.

Médecins et gynécologues indispensables

La tendance au dépistage est certainement expliquée par les campagnes de prévention. Le public voit ainsi ses connaissances s'affiner sur les diverses IST. Il est également poussé à se faire dépister fréquemment. Le dépistage permet aux gens de modifier leurs comportements en cas de diagnostic positif. La chaîne de contamination peut donc être rapidement stoppée et la transmission de l'infection est évitée. D'après Thierry Martin, Directeur de la Plateforme prévention sida, il est capital de permettre des dépistages anonymes et gratuits. Le directeur est convaincu de la place prédominante des MG et des gynécologues dans la démarche de prévention. Pour lui, " proposer spontanément des dépistages aux patients " permet de favoriser les tests.

Le prince des préservatifs

Le site internet de la Plateforme prévention sida propose les adresses de centres de dépistage proches de chez vous. Il permet également de commander du matériel de prévention. Une application mobile sur les IST, " Lord of Condoms ", a récemment été mise à jour, pour offrir une meilleure information. Le moteur de recherche http://www.preventionist.org/ permet également de trouver un centre de dépistage proche de chez soi.