eSanté : une nouvelle plateforme de concertation

17/05/18 à 23:30 - Mise à jour à 14:32

A l'initiative de l'Inami et de la plate-forme eHealth, une nouvelle plateforme de concertation a été mise en place parmi les partenaires de l'eSanté, à l'attention des fournisseurs de logiciels qui souhaitaient être plus impliqués dans le planning des différentes réalisations. Y siègent aussi Agoria et différents acteurs de santé, tels les médecins et les mutuelles.

eSanté : une nouvelle plateforme de concertation

La finalité de l'esanté n'est pas forcément informatiser pour le plaisir mais d'apporter des solutions qui améliorent le bon fonctionnement des soins de santé... © Belga Image

Historiquement, il y avait des réunions appelées 'TALIS' (le terme a depuis lors été abandonné), qui consistaient en des séances d'information données aux fournisseurs de softwares. Ces réunions perdurent et ont lieu tous les deux mois. Un état des lieux des différents projets est donné. Mais les acteurs voulaient participer à des réunions plus stratégiques par rapport à la " roadmap ", qui est le planning suivi par les partenaires de l'eSanté à la demande des autorités et des instances de concertation de l'Inami dont la médico-mut. Les séances 'TALIS' ne correspondant plus à la demande, a donc été créée une plateforme de concertation stratégique. Une première réunion de cette plateforme s'est déroulée fin avril.

La plate-forme eHealth est en relation étroite avec Agoria (qui regroupe et défend les entreprises de l'industrie technologique). L'objectif est de mettre en phase le secteur public et le secteur technologique privé.

Un des sujets de discussion de la dernière réunion a porté sur la SAMV2 (Source authentique de médicaments, version 2), base de données qui reprend tous les produits vendus en pharmacie (médicaments, parapharmacie, homéopathie), etc. A ce stade, tous ces produits ne sont pas repris dans la banque de données. Certains manquent. Conclusion : il faut utiliser la SAM pour la prescription électronique tout en sachant que certains médicaments ou préparations magistrales n'y sont pas.

6 mois pour implémenter

C'est pourquoi l'agenda pour l'utilisation généralisée a paru aux participants un peu court... L'Inami a donc reconnu que le 1er juin ne pouvait être retenu pour l'utilisation obligatoire de la SAM (pour la prescription électronique, le délai est maintenu). Aucune autre date n'a été déterminée. Dès que la SAM (gérée par l'Inami) sera complète, chacun aura six mois pour l'implémenter.

Concernant le chapitre IV (médicaments sous autorisation du médecin-conseil), MyCarenet offre une vue plus complète. Les médecins bénéficient de toute manière via leurs logiciels d'un système opérationnel.

Une fois la SAMV2 complètement opérationnelle, il faudra encore s'assurer qu'elle soit régulièrement mise à jour. Une fois complète, plus personne ne pourra tirer prétexte de ses manques pour ne pas l'utiliser. Nombreux sont ceux d'ailleurs qui l'utilisent déjà sous sa forme incomplète.

KMEHRS

Au niveau des Kmehrs (Kind Messages for Electronic Healthcare Record) qui constituent un standard belge de structuration des données de santé, des efforts ont été faits pour rendre la SAMV2 compatible avec ces Kmehrs, ceux-ci structurant notamment les fameux Sumehrs (données bien connues des médecins qui alimentent le dossier médical informatisé). On a ainsi créé trois tables de référence au lieu d'une pour donner plus de précision au sujet des volontés du patient (hospitalisation, etc.).

D'autres problèmes ont été abordés lors de cette réunion inaugurale comme les relations entre les généralistes et d'autre part les hôpitaux et les médecins spécialistes hospitaliers. Les utilisateurs généralistes de la eHealthBox ne parviennent pas toujours à envoyer au bon interlocuteur (quel département hospitalier, quel médecin spécialiste ad hoc au sein du département) tandis que par contre cela marche bien pour recevoir des courriers d'hôpitaux via cette boîte. Il y a en effet seulement une eHealthbox par hôpital et c'est à l'hôpital de dispatcher en fonction du département étant donné le turnover qui peut exister. Cobrha (common base registry for healthcare actors) pourrait n'être pas une solution malgré qu'elle constitue une source authentique pour les prestataires de soins. Un des problèmes est qu'elle ne reprend pas les différentes institutions pour lesquelles un médecin travaille éventuellement. Le MG peut, toutefois, toujours envoyer un message eHealthBox avec mention du numéro national du patient. Ceci laisse à l'hôpital la possibilité de coupler le message au dossier patient de l'hôpital.

La finalité de la plate-forme eHealth reste de ne pas forcément informatiser pour le plaisir mais d'apporter des solutions qui améliorent le bon fonctionnement des soins de santé en concertation avec l'Inami et les instances de concertation, en premier lieu la médico-mut.

Cloud computing

L'objectif central est toujours de promouvoir des soins de qualité, en maîtrisant les coûts et en utilisant des composants communs en collaborant dans un esprit de compétition. La plateforme ne veut ni vache à lait ni monopole mais une rémunération équitable des services proposés.

Enfin eHealth a choisi dès le départ d'utiliser le cloud computing tels Paas (Platform as a Service) et Saas (Software as a Service). Alternative au déploiement traditionnel de logiciels au niveau individuel, le Saas est certainement le plus connu des trois services. Il permet en effet à des entreprises d'utiliser de multiples applications accessibles en ligne. Il accélère la collaboration grâce à Google ou Microsoft. Contrairement au SaaS, le Paas consiste pour l'utilisateur, notamment médecin, à déployer sur l'infrastructure Cloud ses propres applications, et au fournisseur de supporter le langage de programmation...