" Enfin " un dossier médical numérique en France

16/04/18 à 14:41 - Mise à jour à 14:46

Philippe Douste-Blazy, médecin et ministre de la Santé lance l'idée en 2004. Le dossier médical partagé (DMP) sera enfin une réalité cet automne chez nos voisins français. L'an dernier, seuls 600.000 patients en avaient ouvert un... Mais une agence informatique veillera.

" Enfin " un dossier médical numérique en France

© PHOTOPQR/LE MAINE LIBRE

C'est la ministre de la Santé de Macron, le Dr Agnès Buzyn, qui l'affirme : fin 2018, le million de DMP déjà déployés seront une généralité dans tout le pays.

Dès octobre, une application permettra à tout le monde de consulter son dossier chez soi ou même dans le métro !

La CNAM (Caisse nationale d'assurance-maladie invalidité) l'a testé dans 8 départements : Bas-Rhin, Bayonne, Côtes-d'Armor, Doubs, Haute-Garonne, Indre-et-Loire, Puy-de-Dôme, Somme et Val-de-Marne. Et les "petites maladies" informatiques auraient été évaluées.

Grosse différence avec la Belgique : c'est le patient qui ouvre un DMP soit directement avec sa carte Vitale, soit via sa caisse primaire. Ce parce que les médecins rechignaient apparemment à les ouvrir.

Les pharmaciens toucheront 1 euro par DMP ouvert et les infirmières pourront en ouvrir pour les personnes dépendantes.

Le DMP contiendra d'emblée deux ans de remboursements au patient.

Les MG sont invités à l'utiliser et les hôpitaux y transféreront les comptes rendus d'hospitalisation.

Comme chez nous, les Français attendent du DMP l'évitement des doubles examens et des examens inutiles en raison du fait qu'un MG commande parfois (" souvent ", dit la ministre) un nouveau scan ou une nouvelle radio alors qu'elle existe déjà.

L'impact est évalué à 3,5 milliards d'euros, ce qui sur le budget total de l'assurance maladie outre-Quiévrain (200 milliards) correspond aux économies demandées chaque année au secteur.

Le succès du concept dépend toutefois de l'adhésion des médecins. Or ceux-ci se plaignent que les données ne soient pas toujours compatibles avec leur logiciel ou l'absence d'indexation des fichiers qui rend le DMP peu pertinent.

Quant à le faire ouvrir par le patient lui-même, en cas de troubles mentaux, c'est loin d'être une bonne idée.