Geert Verrijken
Geert Verrijken
Directeur de la rédaction
Opinion

07/04/17 à 00:30 - Mise à jour à 04/04/17 à 14:12

Du journalisme de tout haut niveau...

Tout au long de la semaine dernière, De Standaard a abondamment commenté le licenciement de Stefaan Van Gool, spécialiste en oncologie pédiatrique précédemment rattaché à l'UZ Leuven, au point que l'affaire a même fini par traverser la frontière linguistique.

Du journalisme de tout haut niveau...

© BELGA

Au total, le quotidien flamand aura consacré un article en couverture, un éditorial et quatre pages intérieures le lundi, cinq pages et une carte blanche le mardi et encore un peu moins d'une page le mercredi à un événement survenu... il y a plus de deux ans ! À croire qu'il n'y avait vraiment rien d'autre à raconter.

Le comble, c'est que cette déferlante d'articles ne nous apprend finalement pas grand-chose que nous ne savions déjà. Notre pendant flamand de Artsenkrant avait en effet déjà abondamment commenté l'affaire dans son édition du 15 mai 2015. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, rappelons que ce spécialiste réputé effectuait des recherches sur des vaccins tumoraux expérimentaux sans trop se préoccuper des exigences scientifiques et éthiques... et sans disposer de preuves réellement tangibles de leur efficacité. En un mot, il s'est donc rendu coupable d'une véritable fraude scientifique, ce qui n'est évidemment pas rien. Comme nous venons de le dire, les articles publiés la semaine dernière ne nous apprennent toutefois pas grand-chose de plus que ce que nous savions déjà il y a deux ans. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi, en dépit du battage médiatique, de ne pas nous y attarder davantage.

Pour tout lecteur un tant soit peu familiarisé avec l'actualité de la recherche scientifique, cette histoire n'est en effet rien d'autre que du réchauffé, et on peut donc légitimement s'interroger sur l'objectif que poursuivait De Standaard avec cette "enquête". Il est assez frappant que la série d'articles se focalise beaucoup sur le rôle du recteur, le Pr Rik Torfs, qui se voit reprocher son manque de transparence et de communication. Pour des raisons financières, comme le quotidien semble le suggérer au travers de questions teintées d'insinuations ? En ayant l'esprit un brin mal tourné, on en arriverait presque à se demander si cette attaque frontale n'est pas un prélude aux élections rectorales qui se tiendront d'ici quelques semaines à la KU Leuven...