"Devenir homopapa" : foire aux bébés ou démarche humaniste ?

31/08/17 à 19:30 - Mise à jour à 01/09/17 à 16:34

Source: Le Journal Du Médecin

Action pour la famille/aktie voor het gezin (AGAF) dénonce la tenue les 23 et 24 septembre prochains d'un événement organisé par Men Having Babies (MHB) et qui promouvrait une gestation pour autrui " franchement commerciale ". L'événement aura lieu au Hilton à Bruxelles. l'Agaf propose au bourgmestre de Bruxelles de l'interdire. L'organisateur, MHB, est une association sans but lucratif qui vise à aider essentiellement les gays à devenir parents. L'asbl affirme s'assurer de tous les garde-fous éthiques. Le débat sur la GPA est relancé.

"Devenir homopapa" : foire aux bébés ou démarche humaniste ?

© BELGAIMAGE

Les 23 et 24 septembre prochains aura lieu pour la troisième fois à Bruxelles au Hilton la "2017 Brussels Conference on Parenting Options for European Gay Men", en français "Devenir homopapa pour les Européens". La version 2016 ayant été un succès, les organisateurs remettent le couvert cette année.

Il s'agit de la conférence la plus complète pour aider des homosexuels masculins à avoir des enfants sous l'égide de l'asbl Men Having Babies qui s'en est fait la spécialité. La conférence est censée apporter l'information la moins biaisée possible sur les possibilités de gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis et au Canada mais aussi l'adoption. Les gays rencontrent en effet de nombreux obstacles juridiques en la matière.

L'association publie en plusieurs langues une charte éthique et la manière dont MHB estime que la GPA devrait être encadrée. Non seulement au bénéfice des gays mais aussi des transsexuelles privées d'utérus ou même des femmes (hétérosexuelles ou lesbiennes) ne pouvant se reproduire que par la voie de la GPA.

Charte éthique

Les articles 2 et 3 disposent notamment que la femme porteuse doit pouvoir décider en tout liberté quand elle veut aider les parents d'intention que ce soit en matière de don d'ovocyte ou pour porter leur enfant. Des lois devraient voir le jour pour empêcher le tourisme de procréation et encadrer les parties tout au long du cycle. MHB estime normal de prévoir une compensation financière pour la mère porteuse étant donné les désagréments engendrés, les suites possibles pour sa santé. L'association estime "paternalistes" les positions totalement altruistes visant à organiser la GPA gratuitement. Bannir une juste compensation "ne protège en rien les mères porteuses". Ces compensations devraient évidemment être raisonnables et ne pas constituer un encouragement à "louer" son ventre. La mère porteuse doit donner un consentement éclairé et jouir d'un équilibre émotionnel suffisant pour se lancer dans le "parcours". La mère porteuse comme la mère donneuse d'ovocyte doivent être suffisamment assurées. La mère porteuse doit avoir le droit "(et c'est un minimum) de voir et tenir l'enfant qu'elle a porté après l'accouchement".

Cet événement ne plait pas à tout le monde.

L'Agaf qui "a pour objectif de défendre et de promouvoir la famille naturelle, fondée sur l'amour complémentaire d'une femme et d'un homme, et qui constitue le cadre le plus propice à l'éducation et l'épanouissement des enfants", n'apprécie pas la tenue de ce type d'événement.

Selon l'Association conservatrice, "cet événement incite à une pratique qui traite la femme comme un objet commercial et favorise le trafic des enfants". Le prix offert aux mères porteuses varierait selon l'Agaf entre 95.000 et 160.000 dollars.

Le contrat de gestation pour autrui violerait par ailleurs l'indisponibilité du corps humain qui définit le corps humain comme hors-commerce, toujours selon l'association. "C'est pourquoi les contrats de GPA sont nuls et dépourvus de toute valeur légale au regard du droit belge. Ils contreviennent également à la Convention internationale des Droits de l'Enfant qui prescrit (article 7) que tout enfant a, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux." La GPA reviendrait pour la mère porteuse à vendre son enfant.

Pétition

Enfin, affirme toujours l'association, "la Commission des Affaires Institutionnelles du Sénat s'est prononcée à l'unanimité contre la GPA commerciale, ainsi que l'atteste son Rapport d'information concernant l'examen des possibilités de créer un régime légal de coparentalité du 4 décembre 2015".

C'est pourquoi "il paraît inacceptable que les autorités de la ville de Bruxelles tolèrent sur leur territoire la promotion d'une pratique (la GPA commerciale, ndlr) contraire aux droits des femmes et des enfants".

L'Agaf a écrit au bourgmestre de Bruxelles pour empêcher la tenue de l'événement et appelle à pétitionner y compris à l'attention des échevins de la ville de Bruxelles.

Foire aux bébés ou entreprise humaniste ? La polémique s'inscrit au coeur du débat sur la GPA et questionne le progrès médical et même, par extension, la révolution transhumanistes.

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