Catherine Fonck/Maggie De Block : l'éternel dialogue de sourd

27/04/17 à 15:48 - Mise à jour à 16:07

Source: Le Journal Du Médecin

La problématique des places de stages pour les quelque 150 médecins en formation étrangers dans nos hôpitaux (essentiellement francophones) a encore donné lieu mercredi à une passe d'arme entre la ministre de la Santé publique, Maggie De Block, et la députée cdH Catherine Fonck. Qui a dit que la femme est l'avenir de l'homme?

Catherine Fonck/Maggie De Block : l'éternel dialogue de sourd

© BELGA

-Catherine Fonck (cdH): Ce que je vois aussi dans les hôpitaux, ce sont tous les médecins européens qu'on laisse passer, alors qu'on bloque nos étudiants. Ça, c'est inacceptable! Et vous faites le show ici pour de la coopération Nord-Sud, alors que vous savez que [ces médecins étrangers] n'ont pas la même fonction dans les hôpitaux, que ce sont des grades scientifiques, qu'ils n'ont pas de numéro Inami et qu'ils ne peuvent pas faire le même type d'interventions. Ceux-là vont repartir. Par contre, vous ne bougez pas le petit doigt face au nombre incroyable de médecins européens, non belges qui viennent royalement prendre la place de nos médecins belges, empêcher des jeunes d'entamer des études de médecine. Là, vous ne bougez pas, alors même que la directive européenne vous permet plein de choses. Je vous ai fait des propositions à ce sujet. Qu'avez-vous fait? Vous les avez remballées!

-Maggie De Block : Qui dit que je ne bouge pas? Êtes-vous chez moi tout le temps?

-C.F. : Chaque fois que je vous ai fait des propositions en la matière, qu'avez-vous dit? Ah non, on ne peut pas! Je me suis penchée sur la directive européenne. Vous pouvez mais vous ne voulez pas.

-M.D.B. : Vous ne faites que des remous dans la presse. Moi, je dois sauvegarder la qualité de la formation et des soins pour nos patients. Je prends mes responsabilités. Et s'il me faut quelques jours ou semaines pour avoir une vue sur tous les dossiers, je les prendrai, même si cela ne vous plaît pas.

-C.F. : Il n'y a pas de problème.

-M.D.B. : Je vous invite à faire des propositions. Mais la seule proposition que j'ai pour la double cohorte, c'est: "Donnez-nous 120 millions." Je demande pourquoi. "Nous ne savons pas, mais nous verrons bien quand nous aurons l'argent." Alors nous allons envoyer 400 étudiants, voire plus, à l'étranger. Des résidents belges qui n'ont pas les moyens d'aller à l'étranger. Il faut vivre. Et entre-temps, laisser toutes les portes ouvertes pour des gens formés n'importe où. Voilà ce que nous allons faire. C'est votre proposition.

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Fonck: Vous avez d'abord essayé de me faire passer pour l'idiote de service, qui ne savait pas lire la directive européenne.

C.F. :Non, ce n'est pas ma proposition! Moi, j'ai justement plaidé l'inverse. Vous êtes en train de faire un melting-pot, et à mon avis, expressément, entre les médecins liés à la coopération et les médecins européens, que je pointe aussi du doigt. Je suis venue avec de nombreuses propositions pour les médecins européens. Il ne s'agit pas de la coopération Nord-Sud. Ils sont aussi venus via des agences de recrutement et des filières organisées pour les faire venir. À ce sujet, je vous ai fait deux propositions, madame la ministre. La première est l'instauration d'un test linguistique. La seconde est l'instauration d'un test validant leurs compétences. Tout cela est autorisé dans le cadre de la directive européenne. L'Autriche le fait depuis des années. Elle n'a jamais été critiquée là-dessus. Tout cela, vous auriez pu le faire. Ce sont des propositions que nous avons déposées. Vous avez d'abord essayé de me faire passer pour l'idiote de service, qui ne savait pas lire la directive européenne. Après, vous n'avez plus rien osé dire, mais vous n'avez toujours pas bougé. En attendant, vous faites un grand mélange. Tout cela pour rien. Le fait est que les universités ont tiré la sonnette d'alarme concernant ces médecins issus de la coopération Nord-Sud. Un de vos collègues de l'Open-VLD...

M.D.B. : J'ai autre chose à faire!

C.F. : Vous êtes incroyable! Vous êtes vraiment déplorable à ce sujet, madame la ministre!

(...)

M.D.B. : Les doyens sont souvent chez nous pour parler d'autres choses. Ils auraient pu nous contacter immédiatement et ils auraient eu l'information selon laquelle il n'y avait pas de problème avec ces dossiers. Alors, non, comme Mme Fonck, les doyens ont voulu courir vers la presse. Cela, c'est la façon de faire maintenant! C'est la nouvelle façon de coopérer. C'est une nouvelle conduite. J'en prends acte.