Affiner le diagnostic du burnout

27/09/17 à 11:04 - Mise à jour à 11:03

Source: Le Journal Du Médecin

Vu l'absence de critère diagnostique reconnu officiellement, le burnout est souvent diagnostiqué par exclusion notamment de la dépression. Il n'y a pas non plus de biomarqueur du burnout. Comme traitement, on préconise souvent un arrêt du travail. Le Conseil supérieur de la Santé recommande donc d'affiner le diagnostic et d'agir en amont au niveau des conditions de travail.

Affiner le diagnostic du burnout

© © PENCHAN

"Les maladies psychosociales constituent un problème de santé publique majeur, et participent à l'augmentation importante des maladies de longue durée que l'on constate actuellement", écrit le CSS. "Il est donc essentiel d'avoir à leur égard des stratégies de prévention et d'intervention efficaces. Parmi ces problématiques, le burnout a la particularité de ne pas être inscrit dans les classifications et de ne pas encore avoir de critères diagnostiques officiels. Par ailleurs, il doit être appréhendé autant par le monde médical que professionnel puisqu'il est lié au contexte professionnel."

Le CSS a donc publié un avis pour mieux définir le burnout, mieux le prévenir et le traiter. Le CSS propose comme définition"un épuisement résultant du manque (prolongé) de réciprocité entre l'investissement et ce qui est reçu en retour. Cet épuisement a un impact sur le contrôle des émotions et des cognitions, ce qui provoque aussi des changements dans les comportements et les attitudes (prise de distance), et résulte en un sentiment d'inefficacité professionnelle".

Puisque le burnout est lié à un modèle de performance qui est pratiqué dans le monde professionnel, le CSS recommande une organisation du travail plus soutenable, qui se recentrerait sur la qualité du travail et renforcerait la perspective du parcours de vie des individus.

En particulier, le médecin du travail et le conseiller en prévention sont les plus à même d'agir en amont avant que le burnout ne se manifeste. "Ils peuvent s'appuyer sur plusieurs signaux collectifs (absentéisme, turnover etc.) et individuels (fatigue, difficultés de contentration etc.)."

Le monde de l'entreprise doit de son côté améliorer les conditions de travail via le soutien social, la variété des tâches, éviter les conflits de rôles et les interférences avec la vie privée.

Intervenant burnout

Une fois "diagnostiqué", le traitement du burnout passe le plus souvent par un arrêt de travail. Pendant cette période une prise en charge psychothérapeutique est mise en place. Le retour au travail est souvent progressif (à mi-temps par exemple).

"Le diagnostic et l'accompagnement doivent se faire par un ou des professionnels de la santé formés à cet effet (en-dehors du milieu professionnel), c'est-à-dire possédant une expertise clinique couplée à une connaissance du milieu du travail (clinique du travail et psychologie clinique)."

Pour cela, une certification d' "intervenant burnout" pourrait être mise en place.

Étant donné les différents acteurs impliqués, "il serait utile de constituer une structure de coordination entre les différents domaines concernés (emploi, santé, sécurité sociale, recherche etc.) pour faciliter les collaborations et mettre en place des politiques cohérentes", estime le CSS.

Une fois rentré au travail, le CSS recommande pour la personne qui a souffert d'un burnout un feedback continu sur les conditions du retour au travail.

Avis intégral : https://www.health.belgium.be/fr/avis-9339-burnout-et-travail

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisateur. En continuant à surfer, vous acceptez notre politique de cookies. Plus d'infos