Admissions forcées : le secteur sous pression

05/11/18 à 10:52 - Mise à jour à 10:51

La Plate-forme de concertation pour la santé mentale en Région de Bruxelles-Capitale (PFCSM) tire la sonnette d'alarme. Les quatre services bruxellois qui traitent les enregistrements forcés ont dû traiter trop de cas difficiles ces dernières semaines. Un groupe de travail réunissant les différentes parties concernées demande des consultations avec le gouvernement afin de renforcer le système.

Admissions forcées : le secteur sous pression

© PHOTOPQR/LA PROVENCE

Sur les 6.000 admissions forcées qui ont lieu chaque année en Belgique, 1.000 à 1.300 ont lieu à Bruxelles. Quatre centres s'occupent de ces cas : CHU Brugmann, Hôpital Erasme, Clinique Fond'Roy et CH Titeca. Non seulement ils sont confrontés à un trop grand nombre de cas, mais ils ont souvent affaire à des patients difficiles, agités et agressifs dans l'exercice de leurs fonctions.

Mesures urgentes

Un groupe de travail de la Plate-forme consultative sur les admissions forcées, représentant le pouvoir judiciaire, les services d'urgence et les structures d'accueil reconnues, demande à présent des mesures urgentes.

Au fil des ans, le nombre d'admissions forcées n'a cessé d'augmenter. Au cours des trois dernières années, le Groupe de travail de la Plate-forme consultative a réussi à stabiliser la situation grâce à un triage plus rapide et plus efficace, au respect des critères légaux d'admission forcée et via une coopération respectueuse.

Mais le contexte des admissions forcées est devenu de plus en plus complexe : pauvreté en hausse, plus de comorbidité et plus d'agressivité. Les structures d'accueil sont devenues plus petites et l'accès plus difficile. Les cas d'admission forcée sont aujourd'hui surreprésentés dans les urgences et dans les structures d'accueil reconnues. Il est urgent de trouver une solution.

Trajets de soins

La Plate-forme de consultation estime qu'il devrait y avoir un trajet de soins spécial pour les admissions forcées, et que cela devrait renforcer les structures impliquées avant, pendant et après l'admission.

Dans la partie de la pré-admission, il devrait y avoir un renforcement des services judiciaires, un meilleur cadre pour les services d'urgence psychiatrique et des ressources supplémentaires pour les soins psychiatriques mobiles à domicile (article 107) afin d'assurer une prévention plus efficace.

En ce qui concerne la phase d'hospitalisation, l'intensité des soins doit être considérée par lit : le personnel employé doit être adapté à la complexité des soins.

Il est également important d'accorder plus d'attention aux patients après leur admission. Ce dans le but d'améliorer la qualité de vie et les soins aux patients et d'accélérer la sortie de l'hôpital.

Répondre à la demande réelle

La plate-forme de consultation insiste également sur la mise en place d'un cadastre des lits disponibles pour les admissions forcées. Cela devrait montrer comment l'offre répond à la demande réelle. Le programme de soins pour les admissions forcées devra peut-être être renforcé par le transfert d'autres lits psychiatriques à ce programme.

Le processus de prise en charge des admissions forcées doit occuper une place à part entière au sein de l'appareil judiciaire et du secteur des soins, selon la Plate-forme de consultation. Dans le strict respect des critères légaux d'admission obligatoire.

Un groupe de travail du SPF Justice travaille actuellement, en collaboration avec le SPF Santé publique, à une modification de la loi du 26 juin 1990 sur les placements forcés. Mais cette réforme n'est pas assez large : il est nécessaire d'intervenir dans les trois phases du processus de soins, comme indiqué. Il est urgent que les consultations avec les représentants politiques sur ce sujet soient établies.